Une plainte pour « provocation à la discrimination » contre le candidat RN
Thierry Mariani, figure du Rassemblement national (RN) et candidat à la mairie de Paris, fait face à une plainte déposée par l'association La Maison des potes pour « provocation à la discrimination au logement ». Cette action judiciaire intervient dans un contexte politique tendu, marqué par la montée des discours identitaires et les tensions autour de la priorité nationale.
La priorité nationale, un cheval de bataille controversé
Au cœur de la plainte se trouve la promesse de campagne de Mariani, qui prône l'instauration d'une « priorité nationale » dans l'accès au logement social. Une mesure que l'association juge illégale et contraire aux principes d'égalité républicaine.
« Instaurer la priorité nationale » et « garantir aux Parisiens et travailleurs l'accès au logement social » : ces deux propositions, affichées côte à côte sur son site, révèlent une contradiction flagrante avec les valeurs de la République.
Me Jérôme Karsenti, avocat de la plaignante, dénonce une « violation manifeste de la loi et du principe d'égalité », soulignant que cette promesse porte atteinte à l'État de droit.
Un précédent judiciaire lourd de sens
Cette affaire rappelle un dossier similaire impliquant des cadres du RN en 2024. À l'époque, le « guide de l'élu FN » – qui recommandait l'application de la priorité nationale dans les logements sociaux – avait valu à plusieurs responsables du parti des poursuites pour complicité de provocation à la discrimination. Bien que relaxés, ces précédents illustrent la persistance d'une ligne politique clivante.
Le parquet avait alors requis des peines sévères, estimant que le guide comportait « une incitation claire à commettre cette distinction » entre Français et étrangers. Une position qui avait été partiellement confirmée par la justice, malgré des relaxes pour insuffisance de preuves.
La stratégie du RN sous le feu des critiques
Dans un contexte de « guerre des droites », le RN tente de se positionner comme un parti de gouvernement tout en maintenant un discours identitaire. Cette plainte pourrait fragiliser sa crédibilité, alors que le parti cherche à élargir son électorat en vue des élections de 2027.
Face à cette offensive judiciaire, le RN pourrait arguer d'une instrumentalisation politique, mais les précédents juridiques pèsent lourd. La justice devra trancher sur la légalité d'une mesure qui, selon ses détracteurs, « bafoue les fondements de la République ».
Un enjeu national dans une campagne municipale
Au-delà du cas Mariani, cette affaire soulève des questions sur l'avenir du logement social en France. Dans un pays où la crise du logement s'aggrave, les promesses de priorité nationale risquent d'exacerber les tensions communautaires.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de restaurer la cohésion nationale, cette polémique rappelle l'urgence d'une politique du logement inclusive, conforme aux valeurs européennes. Une ligne que le RN semble déterminé à défier, malgré les risques juridiques.