Marine Le Pen face à la justice : quatre ans de prison requis, l'extrême droite en ébullition

Par BlackSwan 03/02/2026 à 20:20
Marine Le Pen face à la justice : quatre ans de prison requis, l'extrême droite en ébullition

Marine Le Pen risque quatre ans de prison dans l'affaire des assistants FN. Le parquet accuse le RN d'un détournement de 1,4 million d'euros. Un verdict attendu dans un contexte politique explosif.

Un réquisitoire sévère contre Marine Le Pen et le Rassemblement national

Après près de six heures de plaidoiries, les avocats généraux ont requis quatre ans de prison, dont un an ferme, ainsi que cinq ans d'inéligibilité contre Marine Le Pen dans l'affaire des assistants parlementaires européens du Front national (FN). La décision de la cour d'appel, qui n'est pas tenue de suivre ces réquisitions, devrait être rendue d'ici l'été 2026.

Une peine moins lourde qu'en première instance, mais un symbole fort

Contrairement au jugement de première instance, le parquet n'a pas demandé l'exécution immédiate de la peine. Cependant, cette question pourrait devenir caduque si la Cour de cassation, saisie par Marine Le Pen en cas de condamnation, rend son verdict avant l'élection présidentielle. En mars 2025, la présidente du groupe RN à l'Assemblée avait été condamnée à quatre ans de prison, dont deux avec sursis, 100 000 euros d'amende et cinq ans d'inéligibilité immédiate, provoquant un tollé dans les rangs de l'extrême droite.

Un système frauduleux « assumé et piloté » par Marine Le Pen

Les avocats généraux ont souligné le rôle central de Marine Le Pen dans ce système, qu'ils qualifient de « détournement organisé ». « Elle a signé les contrats. Elle ne peut pas nous dire qu'elle ignorait. Elle était avocate et juriste de formation », a déclaré l'un des représentants de l'accusation, Thierry Ramonatxo. Selon lui, Marine Le Pen, en tant que présidente du parti, était « très étroitement informée » des enveloppes des assistants.

Le parquet accuse Marine Le Pen et dix autres cadres du RN d'avoir utilisé entre 2004 et 2016 des fonds du Parlement européen pour payer des salariés du parti, alors en difficulté financière. « Elle a été l'instigatrice, à la suite de son père, d'un système qui a permis de détourner 1,4 million d'euros », a affirmé l'avocat général Stéphane Madoz-Blanchet.

Un procès qui révèle les dérives de l'extrême droite

Les débats ont mis en lumière une organisation « d'abord artisanale » sous Jean-Marie Le Pen, puis « professionnalisée » à partir de 2012 par sa fille. « Quelle était la finalité ? Externaliser sur le budget des assistants parlementaires le coût des personnels que le parti voulait garder, mais qu'il ne pouvait financer », ont souligné les avocats généraux.

Les représentants du Parlement européen, partie civile, ont dénoncé une « trahison » envers les contribuables de l'Union européenne. « On n'est pas dans une zone grise, on est en zone interdite », a asséné l'une des avocates, Me Bérénice de Warren.

Une stratégie de délégitimation de la justice

Les avocats généraux ont critiqué la stratégie des prévenus, qui chercheraient à discréditer la justice pour « empêcher l'accession d'une cheffe de parti aux plus hautes fonctions de l'exécutif ». « Laisser croire que la justice pourrait s'opposer à la volonté du peuple souverain est inexact. Le juge est le gardien de la loi, et il ne fait que l'appliquer », ont-ils rappelé.

Marine Le Pen, qui a nié toute intention frauduleuse, a évoqué une possible « désorganisation » du parti. « Est-ce que les uns et les autres ont eu le sentiment de commettre un délit ? Je suis convaincue que non », a-t-elle déclaré lors de son interrogatoire.

Un verdict attendu dans un contexte politique tendu

Alors que la France traverse une crise des vocations politiques et que les partis se préparent pour 2027, ce procès pourrait avoir des répercussions majeures sur l'avenir du Rassemblement national. Dans un pays où la démocratie locale est fragilisée et où les finances publiques sont sous tension, cette affaire rappelle l'importance du respect des institutions européennes et de la transparence financière.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (5)

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G

Gradation

il y a 2 semaines

NOOOOON mais c'est une blague ??? 4 ans pour des assistants ??? Ils veulent virer Marine ou quoi ??? ptdr

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A

Avocat du diable 2023

il y a 2 semaines

Moi j'ai un pote qui bosse au Parlement européen, il dit que c'est la même chose pour tous les partis. Alors pourquoi s'acharner sur le RN ?

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P

Patrick du 67

il y a 2 semaines

4 ans de taule pour Marine, et après ? On va encore nous faire le coup du complot. Franchement, à quand la fin de cette mascarade ?

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M

Mortimer

il y a 2 semaines

La justice française a souvent été instrumentalisée politiquement. Mais dans ce cas, les preuves semblent accablantes : 1,4 million d'euros détournés, c'est loin d'être une broutille. Reste à voir si la condamnation sera proportionnelle au préjudice. Historiquement, les affaires de financement politique ont rarement abouti à des peines lourdes...

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N

Nathalie du 26

il y a 2 semaines

@mortimer Les preuves ? Où ça ? Tout le monde sait que c'est un coup monté. Et vous trouvez ça normal ?

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