Un réquisitoire implacable contre la présidente du RN
Mardi 3 février 2026, devant la cour d’appel de Paris, les avocats généraux ont requis une peine sévère contre Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Les magistrats ont demandé quatre ans de prison, dont trois avec sursis, une amende de 100 000 euros et cinq ans d’inéligibilité pour la députée du Pas-de-Calais.
Cette décision, bien que moins lourde que le verdict de première instance rendu en mars 2025, renforce les doutes sur la capacité de Marine Le Pen à se présenter à l’élection présidentielle de 2027. Le ministère public a souligné la gravité des détournements de fonds publics présumés, rappelant que cette affaire entache durablement l’image du Rassemblement national.
Un coup dur pour les ambitions présidentielles
Depuis le procès en première instance, Marine Le Pen avait espéré un « miracle judiciaire » pour effacer cette tache de son parcours politique. Cependant, les réquisitions de l’appel ont écorné ses espoirs, alors que le gouvernement Lecornu II et l’opposition de gauche surveillent de près cette affaire.
« La justice doit être irréprochable, et les responsables politiques doivent rendre des comptes », a déclaré un porte-parole du gouvernement, rappelant que la transparence est un pilier de la démocratie.
Un contexte politique tendu
Alors que la France traverse une crise des vocations politiques, cette affaire pourrait affaiblir encore davantage le RN, déjà fragilisé par les divisions internes et les critiques sur son programme économique. La gauche, quant à elle, voit dans ce procès une opportunité de rappeler les risques d’une extrême droite au pouvoir.
Du côté de l’Union européenne, cette affaire est suivie de près, notamment en raison des liens historiques du FN avec certains régimes autoritaires, comme la Russie ou la Hongrie. Les institutions européennes rappellent régulièrement que la démocratie et l’État de droit doivent primer sur les intérêts partisans.
Un verdict attendu avant l’été
Les juges de la cour d’appel devront trancher avant l’été. Si la décision confirme les réquisitions, Marine Le Pen pourrait être exclue de la course à la présidentielle, ouvrant la voie à une guerre des droites au sein du RN. À l’inverse, un acquittement relancerait ses ambitions, mais les observateurs politiques jugent cette hypothèse peu probable.
Quoi qu’il en soit, cette affaire rappelle que la justice française ne cède pas aux pressions politiques, un message fort dans un contexte où la démocratie locale et les institutions sont mises à rude épreuve.