Marine Le Pen relaxée : la justice valide l'amalgame entre voile et islam radical

Par Camaret 20/01/2026 à 16:05
Marine Le Pen relaxée : la justice valide l'amalgame entre voile et islam radical

Marine Le Pen relaxée dans une affaire d'injure publique envers une femme voilée. La justice valide l'amalgame entre islam et radicalisme, suscitant des critiques.

Une relaxe controversée dans une affaire symbolique

Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé Marine Le Pen dans une affaire d'injure publique visant une ancienne étudiante voilée, Yasmine Ouirhrane. Cette décision, rendue mardi 20 janvier 2026, intervient dans un contexte politique tendu, alors que la présidente du Rassemblement national prépare une éventuelle candidature à l'élection présidentielle de 2027.

Un commentaire controversé sur les réseaux sociaux

En mars 2019, alors qu'elle était présidente du RN, Marine Le Pen avait commenté sur le réseau social X une photo de Yasmine Ouirhrane, alors étudiante à Sciences Po Bordeaux et désignée « jeune Européenne de l'année 2019 ». Sur cette photo, la jeune femme apparaissait voilée, brandissant un drapeau européen. La députée RN avait alors écrit : « L'Union européenne assume ses choix. (...) Pour nous, la promotion de l'islam radical c'est NON!! ».

Une décision judiciaire qui interroge

Le tribunal a estimé que les termes utilisés par Marine Le Pen ne renvoyaient pas « de manière évidente et objective au jihadisme, au terrorisme ou à des idéologies mortifères, mais uniquement à une pratique rigoriste de cette religion ». Une interprétation qui a suscité des réactions contrastées, notamment au sein de la gauche et des associations de défense des droits humains.

« Si une telle pratique fait l'objet de débats dans notre société, associer une personne à la pratique rigoriste d'une religion ne revêt (...) pas un caractère injurieux », a statué le tribunal.

Un procès symbolique dans la « guerre des droites »

Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de polarisation politique en France, marqué par une montée des tensions entre la majorité présidentielle et les partis d'opposition. Le gouvernement Lecornu II, confronté à une crise agricole et à des défis sécuritaires, voit dans cette relaxe un possible renforcement des positions de l'extrême droite en vue des prochaines échéances électorales.

Yasmine Ouirhrane : un parcours marqué par les menaces

La plaignante, aujourd'hui âgée de 30 ans, a expliqué que cette affaire avait bouleversé son parcours, notamment en raison des menaces de mort qu'elle a reçues après les propos de Marine Le Pen. « Être comparée à des idées mortifères a eu un impact profond sur ma vie », a-t-elle déclaré lors de l'audience. Malgré cette relaxe, elle a la possibilité de faire appel.

Un calendrier judiciaire chargé pour Marine Le Pen

La cheffe du RN n'était pas présente lors de ce procès, étant également jugée en appel dans l'affaire des assistants parlementaires du FN. Une décision dans cette affaire pourrait avoir des conséquences majeures sur son éligibilité pour 2027, alors que le Rassemblement national se prépare à une nouvelle offensive politique.

La gauche dénonce une « banalisation des amalgames »

Plusieurs figures de la gauche, dont Jean-Luc Mélenchon, ont critiqué cette relaxe, y voyant une « banalisation des amalgames dangereux ». Pour eux, cette décision envoie un signal inquiétant dans un pays où les discours stigmatisants envers les minorités religieuses sont en hausse.

L'Union européenne dans le viseur

Cette affaire intervient alors que les relations entre la France et l'Union européenne sont tendues, notamment sur des questions migratoires et sécuritaires. Le gouvernement Lecornu II, tout en défendant les valeurs européennes, doit composer avec une opinion publique de plus en plus divisée sur ces sujets.

À propos de l'auteur

Camaret

Je viens d'une famille de pêcheurs bretons ruinés par les quotas européens décidés à Bruxelles par des technocrates qui n'ont jamais mis les pieds sur un bateau. J'ai vu mon père pleurer le jour où il a dû vendre sa licence. Cette injustice m'habite encore. Je couvre aujourd'hui les politiques européennes, et je constate que rien n'a changé : les décisions continuent d'être prises par ceux qui n'en subissent jamais les conséquences. Je me bats pour que la voix des territoires soit enfin entendue

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Commentaires (6)

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Ben_440

il y a 1 semaine

Intéressant de voir comment la France gère ça, alors que d'autres pays comme le Canada ou l'Allemagne ont des approches bien plus nuancées. Ici, c'est toujours tout ou rien. Le voile devient un symbole alors qu'il faudrait juste discuter sans hystérie.

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EdgeWalker3

il y a 1 semaine

Comme d'hab, la justice se défile. Entre ceux qui crient à la liberté d'expression et ceux qui parlent de sécurité, on va encore en prendre plein la gueule. Franchement, ça change quoi ?

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L

Lacannerie

il y a 1 semaine

Encore un débat qui va tourner en rond... Bref, on va encore avoir droit à 3 mois de polémiques pour rien. Perso, je m'en fous, mais bon...

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Malo du 40

il y a 1 semaine

Bon, c'est clair que la justice a fait un choix politique. Mais franchement, est-ce qu'on peut vraiment dire que le voile = islam radical ? J'ai des potes qui portent le voile et qui sont super intégrées, genre... C'est un peu rapide comme amalgame, non ?

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StoneAge24

il y a 1 semaine

@malo-du-40 Le problème, c'est que le débat sur le voile est devenu un marqueur politique. La justice a peut-être évité de prendre position, mais en relaxant Le Pen, elle valide indirectement l'équation voile = radicalisme. Et ça, c'est un signal fort pour les prochaines élections.

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Ainhoa

il y a 1 semaine

@stoneage24 Ouais, enfin ton analyse est un peu trop propre. La justice a juste peur de se mouiller, point. On est en France, pas dans un pays de bisounours.

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