Marseille en deuil : une marche blanche pour Mehdi Kessaci, symbole d'une France fracturée par le narcotrafic

Par Mathieu Robin 21/11/2025 à 21:29
Marseille en deuil : une marche blanche pour Mehdi Kessaci, symbole d'une France fracturée par le narcotrafic

Une marche blanche pour Mehdi Kessaci rassemble la France contre le narcotrafic, avec une mobilisation politique transpartisane mais des divisions persistantes.

Une marche blanche pour honorer Mehdi Kessaci, victime du narcotrafic

Samedi, Marseille se parera de blanc pour rendre hommage à Mehdi Kessaci, jeune homme de 20 ans assassiné le 13 novembre dernier. Ce drame, qui pourrait être lié au militantisme anti-narcotrafic de son frère Amine, a suscité une émotion nationale et une mobilisation politique sans précédent.

Un rassemblement national contre l'impunité

Plusieurs personnalités politiques de premier plan, dont la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet et la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, participeront à la marche blanche. Leur présence symbolise le soutien de l'État à la lutte contre le narcotrafic, un fléau qui gangrène de nombreuses villes françaises.

La porte-parole du gouvernement a qualifié ce crime de "profondément choquant", soulignant l'urgence d'agir. "Ces drames doivent cesser", a-t-elle déclaré, rejoignant ainsi les appels de la famille Kessaci.

Une mobilisation transpartisane, mais des absences notables

Des rassemblements similaires sont prévus dans plusieurs grandes villes françaises, dont Paris, Lyon et Toulouse. La gauche, traditionnellement engagée sur les questions de sécurité, sera largement représentée, avec la présence d'Olivier Faure (PS), Marine Tondelier (Les Écologistes) et François Ruffin (LFI).

Du côté des Républicains, François-Xavier Bellamy sera présent, tandis que le Rassemblement National reste discret. Seul le député Franck Allisio, candidat à la mairie de Marseille, pourrait faire acte de présence, bien que son entourage n'ait pas encore confirmé sa venue.

Un appel à un "changement de doctrine"

Manuel Bompard, coordinateur national de La France Insoumise, a profité de l'occasion pour dénoncer les lacunes de la politique sécuritaire actuelle.

"Il est temps d'un changement de doctrine complet, avec des moyens renforcés pour la police judiciaire et une lutte sans concession contre les réseaux criminels."

Cette position rejoint les critiques récurrentes de la gauche, qui accuse le gouvernement de ne pas assez investir dans la prévention et la répression du narcotrafic, malgré les promesses réitérées.

Un drame qui interroge sur l'efficacité de la lutte anti-narcotrafic

L'assassinat de Mehdi Kessaci relance le débat sur l'efficacité des politiques de sécurité en France. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer l'opinion publique, les critiques fusent de toutes parts. La gauche dénonce un laxisme coupable, tandis que l'extrême droite instrumentalise le drame pour alimenter son discours sécuritaire.

Dans ce contexte, la marche blanche de samedi pourrait bien devenir un symbole de l'unité nationale face à un fléau qui menace la cohésion sociale.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (15)

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Enora du 69

il y a 1 mois

Tous ces commentaires... et dans 3 mois, on aura oublié Mehdi Kessaci. La France est un pays de grands discours et de petites actions. Pathétique.

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F

FXR_569

il y a 1 mois

La France est trop laxiste. Dans certains pays, les trafiquants finissent en prison pour 20 ans. Ici, ils sont dehors en 6 mois. C'est une honte.

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G

GrayMatter

il y a 1 mois

Marseille a besoin d'un plan Marshall local. Paris doit arrêter de vider les budgets des villes en difficulté. La décentralisation, c'est maintenant !

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V

val-87

il y a 1 mois

@graymatter tout à fait d'accord. Les élus locaux savent mieux que Paris ce qui fonctionne sur le terrain. Il faut leur faire confiance.

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Ben_440

il y a 1 mois

Le vrai problème, c'est l'immigration incontrôlée. Quand on laisse entrer n'importe qui, le trafic explose. Il faut des frontières strictes.

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H

Hugo83

il y a 1 mois

@ben-440 c'est trop simpliste. Le trafic existe partout, même dans les villes où l'immigration est faible. Le vrai problème, c'est la misère et le manque d'opportunités.

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W

WaveMaker

il y a 1 mois

La marche blanche, c'est un symbole fort. Mais il faut que ça se traduise par des actions concrètes. Les promesses, on connaît...

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I

Ironiste patenté 2022

il y a 1 mois

Regardez comment l'Espagne a réduit le trafic avec des politiques européennes coordonnées. La France doit sortir de son isolement et coopérer vraiment.

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T

TruthSeeker

il y a 1 mois

Marseille, c'est la France en accéléré. Inégalités, manque de perspectives... et les jeunes paient le prix. On en parle sur les réseaux, mais après ?

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L

Léo-79

il y a 1 mois

Les politiques parlent, mais rien ne change. Ils sont tous complices de ce système pourri. Les dealers roulent en 4x4, les politiques en costard... et nous on crève !

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A

Alain27

il y a 1 mois

La France a trop toléré l'impunité. Il faut des peines plus lourdes et une tolérance zéro. Le problème, c'est que certains politiques ferment les yeux par peur de perdre des voix.

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Q

Quimperlé

il y a 1 mois

@alain27 la répression seule ne marche pas. Il faut aussi des moyens pour les associations locales qui luttent au quotidien. Le gouvernement préfère les discours aux actes.

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A

Avoriaz

il y a 1 mois

Une marche blanche, c'est bien, mais ça ne suffira pas. Le gouvernement doit investir dans l'éducation et l'emploi pour ces quartiers. Le narcotrafic, c'est la conséquence de l'abandon des politiques sociales !

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EdgeWalker

il y a 1 mois

@avoriaz et @alain27 vous avez raison sur des points. Mais la solution n'est pas que répressive ou sociale. Il faut les deux, avec du courage politique.

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 mois

Selon l'INSEE, les zones sensibles comme Marseille concentrent 70% des trafics. Les moyens policiers sont insuffisants face à cette économie parallèle qui pèse 3Mds€/an. Il faut une approche globale : répression + prévention sociale.

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