Un vote entaché par des irrégularités et un scandale judiciaire
Le 14 octobre 2025, les Ecologistes marseillais avaient validé à l'unanimité leur alliance avec le Printemps marseillais pour les municipales de 2026. Une décision saluée par la tutelle nationale, qui avait pris le contrôle du parti local en mars de la même année. Hassen Hammou, ex-porte-parole régional, avait été désigné comme chef de file pour finaliser les négociations avec les autres forces de gauche.
Mais moins de trois mois plus tard, le conseil statutaire national a annulé ces résultats, révélant des irrégularités dans le processus. Une décision qui intervient après la condamnation de Hammou pour corruption de mineur, une affaire qu'il avait cachée à son parti avant son élection.
Un scandale qui fragilise la gauche marseillaise
Cette annulation jette une ombre sur la stratégie d'union de la gauche à Marseille, alors que la droite et l'extrême droite renforcent leur influence dans la ville.
"C'est un coup dur pour notre coalition, mais nous devons tirer les leçons de ces erreurs",a déclaré un membre du Printemps marseillais sous couvert d'anonymat.
La justice a condamné Hammou à quinze mois de prison avec sursis, une peine qu'il a fait appel. Son cas illustre les dérives d'un système politique où certains candidats cachent des affaires judiciaires pour préserver leur carrière.
La gauche face à ses contradictions
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser le pays, cette affaire rappelle les failles de la démocratie locale. Comment expliquer qu'un parti écologiste, pourtant soucieux de transparence, ait pu laisser passer une telle situation ?
Les militants marseillais sont désormais dans l'incertitude, alors que les élections approchent. La gauche doit-elle poursuivre son alliance avec un parti dont le chef de file est sous le coup d'une condamnation ? La question divise les rangs écologistes.
Du côté du Printemps marseillais, on assure vouloir continuer les négociations, mais l'affaire Hammou a semé le doute. "Nous ne pouvons pas ignorer ces révélations, mais nous ne voulons pas non plus abandonner notre projet pour Marseille", a déclaré un proche du mouvement.
Un contexte politique national tendu
Cette crise intervient dans un contexte national marqué par la crise de la démocratie locale et la montée des extrêmes. À Marseille, la droite et l'extrême droite profitent de ces divisions pour renforcer leur position.
Alors que le président Emmanuel Macron tente de rassurer sur la stabilité des institutions, cette affaire rappelle que les scandales politiques peuvent avoir des conséquences bien au-delà des cercles partisans.
Les prochaines semaines seront décisives pour la gauche marseillaise, qui doit désormais trouver une nouvelle stratégie pour éviter une victoire de la droite aux municipales.