Marseille sous tension : l’enquête sur Delogu et le narcotrafic relance le débat sur la sécurité et la politique

Par BlackSwan 08/02/2026 à 22:30
Marseille sous tension : l’enquête sur Delogu et le narcotrafic relance le débat sur la sécurité et la politique

L’enquête sur Sébastien Delogu et le narcotrafic est close, mais les tensions persistent à Marseille. Polémiques, sécurité et démocratie locale sous tension.

L’enquête close, mais les questions persistent

Le parquet d’Aix-en-Provence a annoncé, dimanche 9 février 2026, la clôture de l’enquête visant Sébastien Delogu, député La France insoumise et candidat à la mairie de Marseille, sans poursuites. Cette décision intervient après des soupçons de liens avec le narcotrafic, révélés par des échanges présumés avec un dealer. Une affaire qui illustre les tensions croissantes dans la cité phocéenne, où le trafic de drogue reste un enjeu central des municipales.

Des justifications présentées, mais des doutes subsistent

Le procureur Jean-Luc Blachon a confirmé que M. Delogu a « justifié dûment des livraisons de colis », précisant qu’un des dealers impliqués était également livreur professionnel. Une explication qui n’a pas convaincu tous les observateurs, d’autant que le trafic de stupéfiants gangrène toujours certains quartiers marseillais.

« Il n’y a aucun lien, de quelque manière que ce soit, entre M. Sébastien Delogu et le trafic de stupéfiants. »
Yonès Taguelmint, avocat de Sébastien Delogu

Une campagne municipale sous haute tension

À quelques semaines du scrutin des 15 et 22 mars, cette affaire a relancé les polémiques entre les candidats. Le Printemps Marseillais, coalition de gauche emmenée par Benoît Payan, a exigé des éclaircissements, tandis que l’équipe de Delogu a dénoncé une « polémique infamante ». Une dynamique qui reflète les divisions d’une ville où la sécurité reste un sujet brûlant.

Le narcotrafic, un fléau qui persiste

Marseille, deuxième ville de France, est régulièrement sous le feu des projecteurs en raison du trafic de drogue. Malgré une baisse des assassinats liés au narcotrafic ces dernières années, les quartiers populaires subissent encore les conséquences d’une économie parallèle qui échappe aux autorités. Les militants dénoncent une réponse essentiellement sécuritaire, au détriment des politiques sociales.

Le cas d’Amine Kessaci, militant marseillais sous protection policière après l’assassinat de ses deux frères, illustre cette réalité. Exfiltré en urgence avant un meeting à Aix-en-Provence, il symbolise la lutte contre un fléau qui gangrène la ville.

Delogu dans le viseur de la justice

Par ailleurs, Sébastien Delogu doit être jugé en juin pour diffusion de documents privés volés lors d’un conflit social. Une affaire qui ajoute à la pression sur le député, déjà fragilisé par les accusations de liens avec le narcotrafic.

Dans un contexte de crise de la démocratie locale, cette affaire montre à quel point les enjeux sécuritaires et judiciaires pèsent sur les candidats. Une campagne municipale qui s’annonce plus que jamais polarisée, alors que la France s’interroge sur l’avenir de ses villes face aux défis sociaux et sécuritaires.

À propos de l'auteur

BlackSwan

Le Brexit, Trump, les Gilets jaunes : les experts n'ont rien vu venir. Normal, ils vivent dans une bulle parisienne déconnectée du pays réel. Moi, je passe mon temps sur le terrain, dans les villages abandonnés par les services publics, dans les quartiers populaires oubliés des politiques. C'est là que se prépare le prochain séisme électoral. La colère monte, et elle est légitime. Les élites feraient bien d'écouter au lieu de mépriser. Mon travail est de leur tendre un miroir.

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Commentaires (4)

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C

corbieres

il y a 1 semaine

Nooooon mais sérieux, ils vont encore nous faire le coup des caméras et des patrouilles ??? Ca fait 10 ans qu'on entend ça et ça change rien !!! Ptdr

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E

Enora du 69

il y a 1 semaine

Le problème, c'est que Marseille est un cas d'école. Regardez ce qui se passe à Naples ou à Barcelone, c'est pareil. La décentralisation a ses limites quand les réseaux criminels sont plus organisés que les institutions. Bref, faut repenser le modèle.

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É

Économiste curieux 2024

il y a 1 semaine

Marseille, le laboratoire à ciel ouvert des politiques publiques. On teste, ça explose, on recommence. Bientôt, on va nous vendre la privatisation des plages comme solution.

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A

ACE 55

il y a 1 semaine

@economiste-curieux-2024 Franchement, c'est pas faux. Mais bon, tu proposes quoi toi ? Parce que là, on tourne en rond. Moi j'dirais qu'il faut plus de moyens pour les flics, mais après, faut voir comment les utiliser.

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