Un accord controversé malgré les oppositions
Alors que l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur semble sur le point d'être signé, la France se retrouve isolée face à une Europe majoritairement favorable à ce texte. Après le retrait de l'Italie, Paris n'a plus les moyens de bloquer la ratification, malgré les protestations des agriculteurs français.
La France en position de faiblesse
Rémi Barbet, journaliste spécialiste des questions agricoles, souligne que la France a perdu sa minorité de blocage après le revirement de l'Italie. Giorgia Meloni, la Première ministre italienne, a obtenu des concessions de la Commission européenne, notamment des garanties pour le secteur agricole italien.
« La France a des moyens de pression, mais ça paraît compliqué que ce ne soit pas voté demain », explique-t-il, soulignant que les tractations politiques en coulisses ne suffiront probablement pas à inverser la tendance.
Un débat qui dépasse le Mercosur
Si les agriculteurs français manifestent contre l'accord, c'est surtout pour dénoncer une concurrence déloyale au sein même de l'Union européenne. « Le Mercosur, c'est l'arbre qui cache la forêt », affirme Rémi Barbet. Les vrais problèmes viennent des pays européens voisins, comme l'Allemagne, la Pologne ou l'Espagne, qui captent des parts de marché françaises.
Les normes sanitaires moins strictes au Brésil sont souvent citées, mais les éleveurs français subissent avant tout la pression de leurs homologues européens, qui utilisent des produits interdits en France.
Un accord qui profiterait à l'Europe
Certains économistes estiment que l'accord serait plus bénéfique pour l'Europe que pour le Mercosur. « L'Europe serait largement gagnante », selon une étude d'impact commandée par la Commission. Pourtant, les agriculteurs français restent sceptiques, dénonçant un texte qui ne répond pas à leurs véritables difficultés.
Alors que le gouvernement français tente de rassurer, les manifestations se multiplient, révélant une crise plus profonde : celle de la compétitivité agricole française face à ses voisins européens.
La France en quête de solutions
Alors que le Premier ministre Sébastien Lecornu tente de négocier des aménagements, la gauche accuse le gouvernement de ne pas défendre suffisamment les intérêts des agriculteurs. Jean-Luc Mélenchon a dénoncé « un accord qui sacrifie nos paysans au profit des multinationales », tandis que Marine Le Pen instrumentalise la colère pour renforcer son discours souverainiste.
Dans ce contexte, la France se retrouve divisée, entre ceux qui veulent protéger l'agriculture nationale et ceux qui misent sur les avantages économiques du libre-échange.