Un maire sous le feu des critiques
Charles Dayot, maire de Mont-de-Marsan, est une nouvelle fois visé par la justice, cette fois pour prise illégale d'intérêts. Cette troisième enquête en quelques mois soulève des questions sur la transparence de la gestion municipale et interroge sur les liens troubles entre certains élus et le monde des affaires.
Une vente immobilière controversée
L'affaire concerne la vente de deux étages d'un bâtiment municipal situé près de l'hôtel de ville. En 2023, la mairie envisage de céder ces espaces pour environ 360 000 euros. Une société, FDMC, propose 350 000 euros, offre acceptée en conseil municipal en mars 2024. Mais en août 2024, l'acquéreur demande une renégociation, invoquant des coûts imprévus de désamiantage. Le prix est finalement revu à la baisse, à 330 000 euros, au profit d'une autre société, MOCHO, détenue par deux hommes d'affaires locaux.
Des liens d'affaires cachés
Ce qui intrigue la justice, c'est que l'un des associés de MOCHO, un promoteur immobilier, est aussi lié à Charles Dayot via une société civile immobilière (SCI). Pourtant, lors du vote en conseil municipal en juin 2025, le maire n'a pas informé ses collègues de ces liens. Une omission qui pourrait constituer un manquement à l'impartialité, selon les enquêteurs.
Une affaire qui s'inscrit dans un contexte plus large
Cette affaire intervient alors que la crise de la démocratie locale fait débat en France. Entre les affaires judiciaires et les soupçons de conflits d'intérêts, certains observateurs pointent du doigt un système où les élus locaux seraient trop proches des cercles économiques. « La confiance dans les institutions se fragilise quand les règles ne sont pas respectées », souligne un expert en droit public.
D'autres enquêtes en cours
Charles Dayot est déjà visé par deux autres procédures. En décembre 2025, le parquet de Pau a ouvert une enquête pour conduite sans permis, alors qu'il roulait depuis quatre ans malgré une annulation administrative. Fin janvier, une plainte pour harcèlement moral a été déposée par un ancien collaborateur. Malgré ces nuages judiciaires, le maire a annoncé sa candidature à sa réélection lors des prochaines municipales.
Un symbole des dérives du pouvoir local ?
Pour l'opposition, ces affaires illustrent les dérives d'un système où le pouvoir local échappe parfois aux contrôles. « Quand un maire cumule les enquêtes, c'est toute la démocratie qui est mise en cause », dénonce un élu d'opposition. La justice devra trancher, mais l'affaire pourrait bien alimenter les débats sur la moralisation de la vie publique.