Une charte ambitieuse, des résultats décevants
Le Rassemblement national (RN) avait misé sur une charte d’alliance pour convertir des élus locaux à sa cause. L’objectif était clair : séduire les maires de droite en échange de leur soutien aux élections sénatoriales et présidentielles, ainsi que sur des engagements programmatiques contestables.
Parmi ces engagements figuraient notamment l’opposition à toute hausse de la fiscalité locale, le renforcement des polices municipales, et le rejet des subventions aux associations d’aide aux immigrés.
Julien Sanchez, directeur de campagne du RN, avait annoncé avec assurance que « beaucoup d’élus locaux nous sollicitent », laissant entendre que le parti d’extrême droite était devenu un acteur incontournable des municipales.
Un échec cuisant malgré la poussée électorale du RN
Pourtant, à deux semaines de la date limite de dépôt des candidatures, le bilan est décevant. Seules quelques dizaines de chartes auraient été signées, bien loin des ambitions affichées.
Contrairement aux annonces, aucune commission nationale d’investiture n’a été convoquée, et le dispositif a été centralisé par Julien Sanchez, qui n’a pas répondu aux sollicitations de la presse.
Une stratégie qui divise au sein même de la droite
Cette tentative du RN de s’imposer comme un pivot des alliances locales révèle une crise de légitimité au sein de la droite traditionnelle. Alors que le parti d’extrême droite progresse dans les sondages, son influence réelle sur le terrain semble limité.
Certains élus de droite, craignant une montée en puissance du RN, pourraient être tentés de s’allier avec lui pour éviter une défaite. Mais d’autres refusent toute compromission, préférant garder leurs distances avec un parti dont les positions divisent.
Un contexte politique tendu à l’approche des municipales
Alors que la France s’apprête à voter les 15 et 22 mars 2026, cette stratégie avortée du RN illustre les tensions internes de la droite. Le gouvernement Lecornu II, quant à lui, observe avec méfiance cette poussée de l’extrême droite, tout en cherchant à mobiliser les électeurs modérés.
Dans ce contexte, les prochaines élections municipales pourraient bien redessiner le paysage politique français, avec ou sans l’influence du RN.