Une alliance de gauche sans LFI
Après des mois de silence, la maire socialiste sortante de Paris, Anne Hidalgo, a finalement apporté un soutien mesuré à Emmanuel Grégoire, candidat de la gauche unie hors LFI, pour les élections municipales des 15 et 22 mars. Dans un entretien aux Échos, elle a déclaré :
"J’ai toujours dit que je voterais pour la gauche et celui qui conduit la liste, c’est Emmanuel Grégoire."
Cependant, elle a fermement exclu toute alliance avec La France insoumise (LFI), qualifiant Jean-Luc Mélenchon d’impasse pour la gauche. Cette prise de position intervient dans un contexte de tensions internes au Parti socialiste (PS), où Hidalgo et Grégoire, ancien premier adjoint, sont en froid depuis des années.
Un soutien tardif et conditionnel
Lors de ses vœux à l’Hôtel de ville, Hidalgo n’avait pas mentionné Grégoire, invoquant une réserve légale. Son soutien, bien que timide, intervient après des mois de silence, alors que la primaire interne au PS avait été remportée par Grégoire en juin 2025. Hidalgo avait alors menacé de ne pas soutenir son ancien protégé, estimant qu’il ferait perdre la gauche.
Interrogée sur son implication dans la campagne, elle a affirmé qu’elle ferait son travail de maire jusqu’au bout, tout en critiquant la volonté de discrédit permanente dont elle fait l’objet.
Une campagne marquée par les polémiques
Hidalgo a profité de l’occasion pour attaquer Rachida Dati, candidate LR, l’accusant de représenter un réel danger pour Paris. Elle a mis en garde contre une éventuelle alliance avec l’extrême droite, évoquant Sarah Knafo, candidate de Reconquête !, et son lien avec l’AfD, parti néonazi allemand. Elle a également rappelé que Dati sera jugée en septembre 2026 pour corruption et trafic d’influence.
En réponse aux critiques sur son voyage à Tahiti en 2023, Hidalgo a rétorqué : "Moi, je n’ai pas de procès", bien que le Parquet national financier (PNF) ait ouvert une enquête.
Un contexte politique tendu
Cette campagne municipale s’inscrit dans un climat de crise de la démocratie locale, marqué par des divisions au sein de la gauche et une montée des tensions avec la droite et l’extrême droite. Avec le gouvernement Lecornu II en place et Emmanuel Macron à l’Élysée, les enjeux locaux prennent une dimension nationale, alors que les partis se préparent pour 2027.