Un arrêté préfectoral musèle les tensions à Nantes
La préfecture de Loire-Atlantique a interdit toute manifestation dans le centre de Nantes, mercredi 18 février, pour éviter des affrontements entre militants d'ultradroite et antifascistes. Cette décision intervient après la mort de Quentin Deranque, un jeune militant nationaliste tué lors d'une violente altercation à Lyon.
Un contexte explosif
L'arrêté préfectoral vise à empêcher un rassemblement en hommage à Quentin Deranque, organisé par des groupes d'ultradroite, ainsi qu'une contre-manifestation antifasciste. La préfecture évoque un « contexte local marqué par des affrontements répétés entre extrêmes », soulignant les risques de violences.
Les autorités interdisent également le port d'objets pouvant servir d'armes, ainsi que les artifices pyrotechniques, dans une tentative de désamorcer les tensions.
La mort de Quentin Deranque, un symbole de la radicalisation
Le jeune homme de 23 ans a été tué lors d'une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan (LFI) à Sciences Po Lyon. Selon les premiers éléments, il assurait la sécurité d'un groupe identitaire lorsque des affrontements ont éclaté entre militants d'ultragauche et d'ultradroite.
Onze personnes ont été interpellées, dont l'assistant parlementaire d'un député de La France insoumise. Cette affaire illustre la montée des violences politiques en France, alimentée par des discours extrémistes.
Des rassemblements interdits ou tolérés selon les villes
Alors que Nantes a interdit toute manifestation, d'autres villes comme Lille et Rouen ont vu des rassemblements en hommage à Quentin Deranque être autorisés. La section lilloise de l'Action française, soutenue par le syndicat étudiant La Cocarde, a organisé un rassemblement mercredi soir, sans interdiction préfectorale.
À Rouen, un rassemblement est prévu jeudi devant le palais de justice, tandis que d'autres villes comme Nice, Bordeaux ou Strasbourg pourraient connaître des tensions dans les jours à venir.
Un gouvernement sous pression
Le gouvernement de Sébastien Lecornu, confronté à une crise de sécurité croissante, tente de contenir les violences politiques. Cependant, l'interdiction à Nantes soulève des questions sur la liberté de manifestation et la gestion des tensions par les autorités.
Les observateurs s'inquiètent d'une radicalisation croissante, alors que les discours d'extrême droite gagnent du terrain, notamment dans les milieux étudiants.