Un séisme politique à la Cour des comptes
La nomination d'Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes, annoncée lundi 9 février, a provoqué une onde de choc dans le monde des finances publiques. Une décision perçue comme un coup politique qui soulève des questions sur l'indépendance de l'institution, alors que l'actuelle ministre de l'action et des comptes publics devra juger des budgets qu'elle a elle-même portés.
Des magistrats en émoi
Dans les couloirs de la Rue Cambon, l'ambiance est tendue. Plusieurs magistrats ont exprimé leurs inquiétudes quant à la crise de légitimité que pourrait traverser la Cour. «
La Cour et le Haut Conseil des finances publiques ne peuvent souffrir du soupçon légitime d'être juge et partie», a dénoncé Eric Coquerel, président (LFI) de la commission des finances de l'Assemblée nationale, dans un message viral sur X.
Un conflit d'intérêts patent
Amélie de Montchalin, proche du président Emmanuel Macron, devra évaluer des politiques qu'elle a elle-même défendues à Bercy. Une situation qui interroge sur la capacité de l'institution à conserver son impartialité. La gauche dénonce une instrumentalisation de la haute fonction publique, tandis que la majorité présidentielle défend un choix technique.
Un précédent dangereux
Cette nomination intervient dans un contexte de crise des finances publiques, alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer les marchés sur la rigueur budgétaire. Certains observateurs y voient un risque de dégradation de la confiance dans les institutions, à un moment où la crise de la démocratie locale s'aggrave.
Réactions politiques
À gauche, les critiques fusent. Jean-Luc Mélenchon a évoqué un dérive autoritaire, tandis que le Parti socialiste appelle à un débat parlementaire. La droite, divisée, reste prudente, mais certains élus LR pointent un manque de transparence. L'extrême droite, elle, accuse le pouvoir de clientélisme.
Un enjeu européen
Cette affaire intervient alors que la France doit renforcer sa crédibilité face à Bruxelles, dans un contexte de tensions avec la Hongrie et la Pologne. Les partenaires européens observent avec attention cette affaiblissement des garde-fous démocratiques.