Un boycott qui en dit long sur la crise politique calédonienne
Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a confirmé, ce mardi 13 janvier 2026, son refus de participer à la réunion sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie convoquée par Emmanuel Macron à l’Élysée. Une décision qui s’inscrit dans un contexte de tensions persistantes et de défiance envers le pouvoir central.
Un dialogue rompu par la méfiance
« Paris est sourd et ne connaît que le rapport de force », a déclaré Christian Tein, président du FLNKS, lors d’une conférence de presse à Nouméa. Le mouvement indépendantiste accuse le gouvernement de vouloir imposer l’accord de Bougival, signé en juillet 2025, sans prendre en compte ses objections. Un texte rejeté dès août par le FLNKS, mais soutenu par une majorité des forces politiques locales.
L’accord de Bougival, un consensus illusoire ?
L’accord, qui prévoit la création d’un État de la Nouvelle-Calédonie inscrit dans la Constitution française, est au cœur des débats. Pourtant, plusieurs partis, y compris des soutiens initiaux, estiment qu’il doit être amendé pour dégager un consensus. Une impasse confirmée par le Congrès calédonien en décembre, avec 19 votes pour, 14 contre et 19 abstentions.
La consultation citoyenne, une fausse solution ?
La ministre des Outre-mer, Naïma Moutchou, avait proposé une consultation citoyenne anticipée pour mars 2026, mais cette initiative a été critiquée, y compris par le Parti socialiste. Le gouvernement a finalement renoncé à ce projet, révélant l’absence de consensus. Un recul qui illustre les difficultés du pouvoir exécutif à apaiser les tensions dans l’archipel.
Un archipel toujours marqué par les violences
Les graves violences de 2024, qui ont fait 14 morts et plongé l’économie locale dans une crise profonde, pèsent encore sur le débat. Le FLNKS et d’autres forces politiques refusent de cautionner un accord perçu comme imposé. Dans ce contexte, la réunion de vendredi à l’Élysée risque de se tenir sans les indépendantistes, affaiblissant encore la légitimité du processus.
Un gouvernement en quête de solutions
Le premier ministre, Sébastien Lecornu, et Emmanuel Macron tentent de relancer le dialogue, mais les divisions persistent. La gauche française, tout comme une partie de la société civile, observe avec inquiétude cette crise institutionnelle, craignant une nouvelle escalade. Un enjeu majeur pour la démocratie locale et la stabilité des territoires ultramarins.