Un projet d’accord souverainiste sous tension
Le Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) a dévoilé un document de dix pages proposant à l’État français d’engager des négociations en vue de l’accession de la Nouvelle-Calédonie à la pleine souveraineté avant 2027. Ce texte, soumis dès avril 2025, esquisse un partenariat post-indépendance avec la France, mais le gouvernement semble ignorer cette offre, selon le président du mouvement, Christian Tein.
Un dialogue bloqué malgré les propositions
Le FLNKS n’a pas participé aux dernières discussions parisiennes de janvier 2026, où un « accord complémentaire » à l’accord de Bougival (juillet 2025) avait été signé sans son aval. Le mouvement indépendantiste exige désormais des négociations bilatérales, excluant les partis anti-indépendantistes, pour « clarifier les modalités de la pleine souveraineté ».
« L’État fait comme si nous ne proposions rien, mais ce projet existe depuis des mois », a martelé Christian Tein, soulignant l’urgence d’une solution avant les échéances électorales de 2027.
Les discussions de Deva, un espoir avorté ?
En mai 2025, les discussions dites « de Deva » avaient brièvement relancé l’espoir d’un compromis. Le ministre des Outre-mer de l’époque, Manuel Valls, y avait proposé un statut de « souveraineté partagée » avec la France. Cependant, les non-indépendantistes avaient quitté la table, bloquant toute avancée. Aujourd’hui, le FLNKS évoque ces discussions comme base potentielle pour relancer le dialogue, mais le gouvernement Lecornu II reste silencieux.
Une crise politique qui s’aggrave
Cette impasse intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale, où les tensions entre indépendantistes et loyalistes s’exacerbent. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, sous pression, peine à trouver une issue, tandis que l’extrême droite et la droite traditionnelle accusent le FLNKS de radicalisme. « La France ne peut plus ignorer la légitimité du peuple kanak », a déclaré Emmanuel Tjibaou, député et figure de l’Union calédonienne.
L’ombre de 2027 et les enjeux internationaux
Avec les élections présidentielles françaises prévues en 2027, le sort de la Nouvelle-Calédonie pourrait devenir un enjeu majeur. Les partisans d’une indépendance inspirée par des modèles comme le Kosovo ou la Norvège s’opposent aux partisans d’un maintien dans le giron français. « La France doit choisir entre le dialogue ou l’affrontement », avertit un analyste politique.
Dans ce bras de fer, l’Union européenne observe avec attention, tandis que les États-Unis et la Chine pourraient tenter d’influencer le processus, selon des sources diplomatiques.