Un programme ambitieux pour la capitale
À un mois et demi des élections municipales de mars 2026, Emmanuel Grégoire, candidat socialiste pour Paris, dévoile son programme. À la tête d’une liste d’union de la gauche hors La France insoumise, il assume une rupture nette avec la maire sortante Anne Hidalgo, dont il a été le premier adjoint de 2018 à 2024.
Le logement, priorité absolue
« Mon socle, c’est le droit de vivre à Paris », déclare-t-il, faisant du logement l’un des piliers de sa campagne. Il s’engage à atteindre 30 % de logements sociaux d’ici 2035, ainsi que 10 % de logements intermédiaires, soit un total de 40 % de logements publics. Cela représenterait la création de 60 000 nouveaux logements.
Pour y parvenir, Grégoire mise sur trois leviers : l’utilisation des réserves foncières, la transformation de bureaux en logements, et une politique volontariste d’acquisition. « Il y a encore des opportunités à saisir, mais il faut une volonté politique forte », souligne-t-il.
Une gestion rigoureuse des finances publiques
Dans un contexte de crise des finances publiques, le candidat socialiste promet de ne pas endetter davantage la Ville. Une position qui contraste avec les critiques récurrentes de la droite et de l’extrême droite sur la gestion des collectivités locales.
Alors que le gouvernement Lecornu II serre les budgets, Grégoire défend une approche « responsable mais ambitieuse », refusant de sacrifier les investissements sociaux au nom de l’austérité. « Paris doit rester un laboratoire de la gauche, sans reproduire les erreurs du passé », ajoute-t-il, en référence aux tensions avec Anne Hidalgo.
Une rupture assumée avec Hidalgo
Emmanuel Grégoire ne cache pas son désaccord avec la maire sortante.
« J’assume une rupture de méthode avec Anne Hidalgo. »Une déclaration qui intervient alors que la gauche française cherche à se repositionner après les échecs électoraux récents.
Cette rupture s’inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les citoyens expriment un mécontentement croissant face aux promesses non tenues. Grégoire tente de se présenter comme un renouveau, tout en capitalisant sur l’héritage du PS à Paris.
Un enjeu national
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, les municipales parisiennes prennent une dimension stratégique. La capitale, souvent perçue comme un laboratoire politique, pourrait servir de test pour les stratégies des partis.
La droite, menée par des figures comme Éric Ciotti, et l’extrême droite, incarnée par Marine Le Pen, surveillent de près la campagne. Grégoire, lui, mise sur une alliance solide avec les écologistes et les communistes pour contrer la montée des oppositions.
Dans un contexte international marqué par les tensions avec les États-Unis et la montée en puissance de la Chine, la France cherche à affirmer son modèle social. Paris, en tant que vitrine, devient un enjeu symbolique fort.
Alors que la campagne s’intensifie, Emmanuel Grégoire devra convaincre les Parisiens que sa vision du logement et de la gestion municipale peut concilier justice sociale et efficacité économique.