Un schisme au sein des Verts parisiens
Alors que les élections municipales de 2026 approchent, la capitale française devient le théâtre d'une crise politique majeure au sein de l'écologie politique. Deux conseillers parisiens, Jérôme Gleizes et Émile Meunier, ont annoncé jeudi 29 janvier leur ralliement à Sophia Chikirou, candidate de La France insoumise (LFI) pour la mairie de Paris. Une décision qui marque une rupture nette avec la ligne officielle de leur parti, Les Écologistes, qui a choisi de s'allier dès le premier tour avec les socialistes.
Une opposition frontale à la stratégie municipale
Les deux élus dénoncent une politique « sociale-démocrate » menée à Paris, qu'ils jugent insuffisante sur les questions d'urbanisme et de publicité. « On est rentrés très souvent en conflit avec la politique menée à Paris, que ce soit sur les questions d'urbanisme, sur la place de la publicité, ce qu'on appelle la 'LVMHisation' », a déclaré Émile Meunier à l'AFP. Ce dernier avait d'ailleurs voté contre le ralliement des écologistes à une union de la gauche hors LFI, menée par le socialiste Emmanuel Grégoire.
20 % des places réservées aux Verts populaires
La candidate de LFI, Sophia Chikirou, a annoncé que 20 % des places éligibles sur sa liste seraient réservées à des candidats écologistes regroupés au sein du collectif des « Verts populaires ». « On a passé beaucoup de temps à travailler sur le programme », a-t-elle expliqué, soulignant des propositions comme la transformation du périphérique parisien en « boulevard urbain » ou l'arrêt de l'artificialisation des sols.
Une tribune contre la direction nationale des Écologistes
Les deux élus parisiens font partie des quelque 400 signataires d'une tribune publiée lundi dans Mediapart, critiquant la stratégie d'alliance de la direction nationale du parti. Les signataires refusent d'être « la béquille d'une social-démocratie qui entend exclure La France insoumise et choisit de tourner le dos au programme comme à la logique unitaire du Nouveau Front populaire ».
Un enjeu national derrière les municipales
Sophia Chikirou rappelle que « l'élection municipale n'est pas déconnectée des enjeux nationaux ». Elle critique régulièrement Emmanuel Grégoire, député socialiste, pour ses votes à l'Assemblée nationale, notamment en faveur du budget 2026 aux côtés des macronistes. « À Paris, Grégoire se dit de gauche. Mais à l'Assemblée, ses votes sont clairs : brutalisation du Parlement, austérité, coupes dans la santé, la culture, l'écologie, le social », a-t-elle dénoncé.
Une campagne axée sur les abstentionnistes
La candidate insoumise compte entamer dès ce week-end un travail de terrain pour « aller chercher les abstentionnistes », en particulier les jeunes et les habitants des quartiers populaires. « Notre objectif, c'est d'aller chercher les 30 % d'électeurs qui ont voté Mélenchon en 2022 parce que s'ils ont adhéré au projet Avenir en commun, c'est qu'ils adhèrent au projet Nouveau Paris populaire », a-t-elle précisé.
Un contexte national tendu
Cette crise politique parisienne s'inscrit dans un contexte national marqué par des tensions au sein de la gauche, alors que le gouvernement Lecornu II, dirigé par le président Emmanuel Macron, poursuit sa politique d'austérité. Les municipales de 2026 pourraient ainsi devenir un laboratoire des stratégies politiques pour les législatives de 2027.