Un contre-pouvoir stratégique
Élu maire de Paris en 1977, Jacques Chirac a fait de l'Hôtel de Ville une forteresse politique face à Valéry Giscard d'Estaing. Pendant dix-huit ans, il a transformé cette institution en un outil de légitimité et de visibilité, préparant son ascension vers l'Élysée.
La mairie, levier de pouvoir
À sa prise de fonction, Chirac hérite d'une collectivité puissante : 40 000 agents, 2 millions d'habitants, un budget régional. L'Hôtel de Ville devient un symbole de résistance face au pouvoir central. « Même Giscard a fini par comprendre l'ampleur du danger », rappelle l'ancienne journaliste Michèle Cotta.
La guerre des images
Chirac exploite habilement le protocole diplomatique. Les réceptions à la mairie rivalisent avec celles de l'Élysée. Le sommet est atteint lors de la visite de Léonid Brejnev : malgré les pressions, Chirac obtient que le dirigeant soviétique le reçoive, marquant une victoire symbolique.
L'opposition systématique
En 1981, après l'élection de Mitterrand, Chirac se positionne comme le seul opposant crédible.
« Vous prenez le pouvoir, mais maintenant, je suis votre seul opposant », lance-t-il au nouveau président. Cette posture lui permet de consolider son leadership à droite, ouvrant la voie à sa future candidature présidentielle.
Un héritage contesté
Si Chirac a marqué l'histoire, son bilan reste entaché par des affaires judiciaires. Aujourd'hui, dans un contexte de crise des vocations politiques, son parcours interroge : la mairie de Paris peut-elle encore jouer ce rôle de tremplin, alors que la défiance envers les institutions ne cesse de croître ?