Une primaire ne garantit pas la victoire à la gauche, alerte Patrick Kanner
Dans un entretien accordé ce dimanche, le sénateur socialiste Patrick Kanner a exprimé ses doutes quant à l'efficacité d'une primaire de la gauche pour la présidentielle de 2027. Une mise en garde qui intervient alors que plusieurs partis de gauche, à l'exception de La France Insoumise, ont annoncé l'organisation d'une primaire unitaire.
Un processus contesté au sein du Parti socialiste
La présence d'Olivier Faure, premier secrétaire du PS, lors de l'annonce de la primaire à Tours a suscité l'ire de Patrick Kanner.
"Sa présence, alors qu'il n'avait pas de mandat du bureau national du PS, ça me gêne, je le dis. C'est une faute."Le sénateur du Nord estime que le rôle d'Olivier Faure se limite à l'application des décisions prises par les instances dirigeantes du parti.
Un bilan mitigé des primaires passées
Patrick Kanner rappelle que la dernière expérience d'un candidat unique de la gauche, Benoît Hamon en 2017, s'est soldée par un score décevant de 6,35%. "Je suis perplexe", déclare-t-il, soulignant que la dynamique actuelle ne suffit pas à garantir un bon résultat.
Attendre les municipales pour trancher
Le président du groupe socialiste au Sénat plaide pour une approche prudente. "Nous regarderons d'abord quels sont les rapports de force au sein de cette gauche et nous pourrons ensuite mieux décider", explique-t-il. Le bureau national du PS a acté la création d'un comité de préparation des élections présidentielles, qui sollicitera l'avis des militants après les municipales.
Un contexte politique tendu
Cette polémique intervient dans un contexte marqué par la crise des vocations politiques, alors que la gauche peine à se rassembler face à une droite radicalisée et une extrême droite en progression. Le gouvernement Lecornu II, marqué par des tensions internes, voit d'un mauvais œil ces divisions à gauche, alors que la campagne pour 2027 s'annonce serrée.
L'Europe et les DOM-TOM en soutien
Alors que la France traverse une période de divisions politiques, les regards se tournent vers l'Union européenne et les territoires d'outre-mer, souvent perçus comme des modèles de stabilité et de cohésion sociale. Les DOM-TOM, en particulier, pourraient jouer un rôle clé dans la mobilisation des électeurs de gauche, face à une droite souvent perçue comme négligeant leurs spécificités.