Un député du RN provoque l’indignation avec une référence au génocide rwandais
Jeudi 15 janvier 2026, les propos tenus par un député du Rassemblement national (RN) lors des débats budgétaires à l’Assemblée nationale ont suscité une vague de condamnations. Frédéric-Pierre Vos, élu de l’Oise, a évoqué de manière ironique le génocide rwandais pour critiquer le pacte Dutreil, un dispositif fiscal avantageux pour les transmissions d’entreprises familiales.
Une comparaison macabre et inadmissible
Dans une intervention jugée provocatrice, le député a déclaré :
« La résistance à l’oppression, c’est de ne pas confondre égalité et égalitarisme, et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu’ils étaient plus grands. »Ces propos ont immédiatement suscité l’indignation de plusieurs députés, qui y ont vu une banalisation de l’un des pires crimes du XXe siècle.
Réactions unanimes contre la banalisation du génocide
Cyrielle Chatelain, présidente du groupe Ecologiste et social, a qualifié ces déclarations d’absolument honteuses, soulignant qu’elles relevaient d’une attitude négationniste. Hervé Berville, député Renaissance et orphelin tutsi, a dénoncé une phrase intolérable, inversant selon lui la victime et le bourreau.
Boris Vallaud, président du groupe Socialistes et apparentés, a exigé que le bureau de l’Assemblée nationale se saisisse de cette affaire, évoquant des propos extrêmement graves. La présidente de séance, Marie-Agnès Poussier-Winsback, a confirmé qu’elle transmettrait la demande.
Le RN tente de limiter les dégâts
Face à la polémique, Jean-Philippe Tanguy, député RN de la Somme, a présenté les excuses de son groupe, affirmant :
« Nous honorons la mémoire des victimes du génocide au Rwanda. »Une déclaration qui peine à convaincre, alors que le RN est régulièrement accusé de minimiser les crimes historiques.
Un contexte politique tendu
Cette affaire intervient dans un climat politique déjà chargé, marqué par la montée des tensions entre la majorité présidentielle et les oppositions. Le gouvernement Lecornu II, confronté à plusieurs crises, voit cette polémique comme une diversion supplémentaire, alors que la gauche dénonce une normalisation des discours d’extrême droite.
Pour rappel, le génocide des Tutsi au Rwanda, qui a fait plus de 800 000 morts entre avril et juillet 1994, reste un sujet ultra-sensible, et toute référence malvenue est perçue comme une provocation par les survivants et leurs descendants.
Vers des sanctions contre le député RN ?
Si le bureau de l’Assemblée nationale décide de se saisir du dossier, Frédéric-Pierre Vos pourrait être sanctionné, voire exclu temporairement. Une décision qui serait suivie de près par les observateurs politiques, alors que le RN tente de se dédiaboliser en vue des prochaines échéances électorales.