Réforme des ARS : le gouvernement Lecornu s'attaque aux hôpitaux publics

Par Aurélie Lefebvre 17/11/2025 à 13:07
Réforme des ARS : le gouvernement Lecornu s'attaque aux hôpitaux publics

Le gouvernement Lecornu veut supprimer les ARS, au profit des préfets et des départements. Une réforme controversée qui inquiète le monde hospitalier.

Un projet qui divise

Les agences régionales de santé (ARS) pourraient bientôt disparaître, selon les déclarations du Premier ministre Sébastien Lecornu. Lors des Assises des départements de France à Albi, le 14 novembre, il a évoqué une réforme en profondeur de ces structures, au profit des préfets et des conseils départementaux.

Un retour en arrière dangereux

Cette annonce intervient dans un contexte de crise des finances publiques et de tensions persistantes au sein du gouvernement. Les ARS, créées en 2009 sous la loi HPST, jouent un rôle clé dans l'organisation des soins, la gestion des épidémies et la coordination avec les hôpitaux. Leur suppression, déjà défendue par le Rassemblement national, serait un retour en arrière pour le système de santé.

"Je pense que le temps est venu de réformer en profondeur les agences régionales de santé, d’affirmer la part régalienne du sanitaire."

Cette citation de Lecornu révèle une volonté de recentralisation, au détriment des compétences locales. Les ARS ont pourtant fait preuve de leur utilité lors de la crise du Covid-19, en gérant l'offre hospitalière et les campagnes de vaccination.

Une attaque contre les services publics

Les 8 000 agents des ARS craignent pour leur avenir. Leur rôle dans la veille sanitaire et la gestion des crises est pourtant indispensable. Cette réforme s'inscrit dans une logique de démantèlement progressif des services publics, au profit d'une gestion territoriale moins efficace.

La gauche dénonce une mesure idéologique, tandis que l'extrême droite salue une décision « courageuse ». Les syndicats hospitaliers, eux, alertent sur les risques pour la santé publique.

Un contexte politique explosif

Alors que le budget 2026 est incertain et que la majorité présidentielle est fragilisée, cette réforme pourrait aggraver les tensions. Les départements, déjà sous pression financière, devront assumer des responsabilités accrues sans moyens supplémentaires.

Dans un contexte de crise des vocations politiques, cette annonce risque de braquer davantage les Français, déjà méfiants envers les réformes sanitaires.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (12)

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tregastel

il y a 1 mois

En 2024, on va encore voter pour des promesses de réformes qui ne servent à rien. Le cirque continue...

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I

Ironiste patenté 2022

il y a 1 mois

Encore une réforme qui va prendre 5 ans à mettre en place pour finalement rien changer. Bravo l'efficacité française !

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D

dissident-courtois

il y a 1 mois

Franchement, entre les ARS et les préfets, on est mal. Les jeunes médecins, eux, ils veulent juste des conditions de travail décentes...

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E

Eva13

il y a 1 mois

La question n'est pas de savoir si c'est bien ou mal, mais si cette réforme va améliorer concrètement l'accès aux soins. Pour l'instant, rien n'est prouvé.

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G

germinal

il y a 1 mois

Une attaque en règle contre le service public ! Les hôpitaux publics vont encore souffrir de cette logique de décentralisation à deux balles.

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R

Reminiscence

il y a 1 mois

@germinal Les hôpitaux publics coûtent une blinde et sont mal gérés. Peut-être qu'avec les départements, on aura plus de transparence sur les budgets.

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C

corbieres

il y a 1 mois

Enfin une décision qui recentre le pouvoir sur les territoires ! Les préfets et les départements sont plus proches des réalités locales que ces ARS lointaines.

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T

Tmèse

il y a 1 mois

@corbieres Les préfets, ces petits rois nommés par Paris ? On va encore avoir des décisions prises dans l'intérêt des copains du pouvoir.

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B

Ben_440

il y a 1 mois

@tmese Les préfets sont des fonctionnaires de l'État, pas des potes du pouvoir. Vous mélangez tout, comme d'habitude.

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H

Hortense du 38

il y a 1 mois

Ah, encore une réforme pour faire croire qu'on change les choses... En vrai, c'est juste un jeu de chaises musicales entre bureaucrates.

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M

Malo du 40

il y a 1 mois

La suppression des ARS pose question. Les préfets auront-ils les moyens de gérer la santé publique ? Une réforme à suivre de près...

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D

DigitalAge

il y a 1 mois

Encore une réforme qui centralise le pouvoir au lieu de renforcer la coopération européenne. Regardez comment les Länder allemands gèrent leurs hôpitaux avec plus d'autonomie !

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