Un parti tiraillé entre deux visions économiques
Depuis des décennies, la gauche et la droite française s'affrontent sur la question cruciale de la fiscalité des plus riches. Faut-il taxer davantage les très hauts revenus pour financer les services publics, ou privilégier une approche libérale pour stimuler l'économie ? Le Rassemblement national (RN), lui, semble hésiter entre ces deux modèles, révélant une stratégie politique plus opportuniste que cohérente.
Des votes contradictoires sur la fiscalité des ultrariches
L'analyse des votes des députés RN lors des débats budgétaires de l'automne 2025 montre une tendance claire : si le parti a parfois soutenu des mesures socialement progressistes, comme la taxe Zucman sur les très gros patrimoines, il a plus souvent défendu des positions libérales, notamment en s'opposant à l'imposition renforcée des multinationales.
Cette dualité s'explique par une volonté d'apparaître comme un parti populaire tout en séduisant les milieux économiques. « Le RN joue sur les deux tableaux, mais son cœur de cible reste clairement ancré à droite », souligne un observateur politique.
Un libéralisme économique assumé
La majorité des amendements soutenus par les députés RN visent à alléger la fiscalité des entreprises, une ligne politique qui rappelle celle de la droite traditionnelle. « Le RN a voté contre des mesures de redistribution, préférant protéger les intérêts des grandes entreprises plutôt que de soutenir les plus modestes », note un rapport parlementaire.
Cette orientation libérale contraste avec les discours populistes du parti, qui se présente souvent comme le défenseur des classes populaires.
« Le RN veut manger à tous les râteliers, mais ses votes montrent qu'il reste un parti de droite, voire d'extrême droite, sur le plan économique », estime un analyste.
Une stratégie en vue des élections de 2027
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, le RN tente de clarifier son positionnement. Mais ses contradictions pourraient lui coûter des voix, notamment parmi les électeurs de gauche déçus par la politique économique du gouvernement Lecornu.
Dans un contexte de crise des finances publiques, le RN mise sur un discours anti-élites, tout en évitant de froisser les milieux d'affaires. Une équation délicate, qui pourrait bien révéler les limites de son projet politique.