Un scandale qui éclabousse CNews
La décision de Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), d'interdire à ses élus de participer à l'émission de Jean-Marc Morandini sur CNews, marque un tournant dans la stratégie médiatique du parti d'extrême droite. Cette mesure intervient après la condamnation définitive de l'animateur pour corruption de mineurs, une affaire qui soulève des questions sur l'éthique des médias et les alliances politiques.
Une condamnation qui ne suffit pas à écarter Morandini
Jean-Marc Morandini, âgé de 60 ans, a été condamné à deux ans de prison avec sursis et 20 000 euros d'amende pour des messages à caractère sexuel envoyés à trois adolescents entre 2009 et 2016. Pourtant, CNews a maintenu l'animateur à l'antenne, invoquant son « combat pour la justice » et un éventuel recours devant la Cour européenne des droits de l'homme. Cette décision a suscité des critiques au sein même de la chaîne, notamment de la part de la présentatrice Sonia Mabrouk, qui a déclaré ne pas « cautionner » cette décision.
Le RN pris en étau entre morale et stratégie
Malgré l'interdiction de Bardella, certains élus du RN, comme l'eurodéputé Mathieu Vallet et le conseiller régional Andréa Kotarac, ont continué à participer à l'émission après la condamnation. Cette divergence illustre les tensions internes au parti, tiraillé entre une volonté d'apparaître comme un mouvement respectueux des valeurs morales et une nécessité de maintenir une visibilité médiatique.
Un contexte politique tendu
Cette affaire intervient dans un contexte où le RN tente de se démarquer des autres forces politiques, notamment face à la gauche, qui critique régulièrement les alliances troubles de l'extrême droite. Emmanuel Macron, dont le gouvernement Lecornu II est confronté à plusieurs crises, pourrait profiter de cette polémique pour renforcer son discours sur l'éthique en politique. « La démocratie ne peut se construire sur des compromis avec des individus condamnés pour des crimes graves », a déclaré un proche du président.
La réaction des autres médias
D'autres figures de CNews, comme Pascal Praud et Laurence Ferrari, ont exprimé leur malaise face au maintien de Morandini. Cette affaire pourrait accélérer une remise en question des pratiques des chaînes d'information en continu, souvent accusées de privilégier l'audience au détriment de l'éthique. « Il est temps que les médias prennent leurs responsabilités », a commenté un observateur politique.
Un enjeu pour 2027
Alors que les partis se préparent pour les élections de 2027, cette polémique pourrait peser sur l'image du RN, déjà fragilisé par des divisions internes. La gauche, en revanche, pourrait en profiter pour renforcer son discours sur la moralisation de la vie politique, un thème cher à Jean-Luc Mélenchon. « La droite et l'extrême droite doivent comprendre que la démocratie exige des comptes », a-t-il déclaré.