Des maires en première ligne face à la crise sanitaire
À quelques semaines des élections municipales, la santé s'impose comme un enjeu majeur, révélant les limites des politiques publiques sous le gouvernement Lecornu II. Les déserts médicaux, en pleine expansion, poussent les élus locaux à prendre des initiatives face à l'absence de solutions concrètes de l'État.
« La santé est devenue le sujet prioritaire », affirme Gil Avérous, maire de Châteauroux et président de Villes de France. Cette déclaration résonne particulièrement dans les petites communes, où l'accès aux soins se dégrade. Christophe Bouillon, maire divers gauche de Barentin, souligne une accélération des préoccupations depuis 2020.
Une compétence générale sous pression
Bien que les maires n'aient pas de compétences directes en matière de santé, la clause de compétence générale leur permet d'agir. Mais cette marge de manœuvre est souvent insuffisante face aux attentes des citoyens. « Ce n'est pas à la porte des ARS que les gens frappent, c'est à la nôtre », déplore un élu. Cette frustration s'explique par le manque de moyens et de coordination avec l'État.
Des initiatives locales face à l'abandon de l'État
Dans un contexte de crise démographique et de crise des vocations politiques, les maires multiplient les solutions locales : maisons de santé pluridisciplinaires, aides à l'installation de médecins, ou encore partenariats avec des associations. Pourtant, ces efforts restent insuffisants face à l'ampleur du problème.
La gauche municipale, souvent en première ligne, dénonce un abandon des territoires par le gouvernement. « L'État se désengage, et ce sont les communes qui paient le prix », estime un maire PS. Cette critique rejoint celles des syndicats de médecins, qui pointent du doigt les politiques sanitaires désordonnées depuis 2022.
Un enjeu électoral clé
À l'approche du scrutin, les candidats aux municipales font de la santé un argument central. Les promesses se multiplient, mais les moyens manquent. « Comment promettre des solutions sans moyens ? », s'interroge un candidat écologiste. La droite, quant à elle, tente de capitaliser sur le sujet, mais son bilan en la matière reste contesté.
Dans ce contexte, les déserts médicaux pourraient bien devenir un facteur clé du vote, notamment dans les zones rurales et périurbaines. Les citoyens, lassés des promesses non tenues, pourraient sanctionner les élus en place, qu'ils soient de droite ou de gauche.