Un lapsus qui en dit long sur la déconnexion des élites politiques
Dimanche 8 février 2026, Sarah Knafo, candidate zemmouriste à la Mairie de Paris, a suscité l'ironie de ses adversaires en affirmant que le passe Navigo annuel coûtait 52 euros, soit près de vingt fois moins que son tarif réel. Une erreur qui en dit long sur la méconnaissance des réalités quotidiennes des Parisiens par une partie de la classe politique.
Interrogée sur BFM-TV, la tête de liste Reconquête ! a d'abord répondu sans hésiter : « Annuel ? 52 ». Une réponse qui a immédiatement provoqué des réactions moqueuses, le passe Navigo coûtant en réalité près de 1 000 euros par an et 90,80 euros par mois.
Une défense maladroite et des contradictions
Face aux critiques, Sarah Knafo a tenté de se justifier : « Je ne suis pas un singe savant, mais je travaille sur mes sujets. Les sujets que je travaille, je les connais et les maîtrise. Pour le reste, j’apprends tous les jours. » Une déclaration qui a encore accru les sarcasmes, d'autant qu'elle a été incapable de citer trois joueurs du Paris Saint-Germain (PSG).
Quelques heures plus tard, elle a publié une vidéo pour reconnaître un « gros lapsus », expliquant que 50 euros correspondaient au tarif mensuel pour les salariés dont l'employeur rembourse la moitié. Une correction qui n'a pas convaincu ses détracteurs, notamment ceux de la gauche parisienne, qui y voient une déconnexion flagrante avec les difficultés financières des Franciliens.
Des réactions politiques unanimes
Les candidats aux élections municipales n'ont pas tardé à réagir. Pierre-Yves Bournazel (Horizons-Renaissance) a dénoncé « la méconnaissance du quotidien des Parisiens », tandis que le sénateur communiste Ian Brossat a ironisé : « Il faut l’écouter pour le croire ! »
Du côté du Rassemblement National, Jean-Philippe Tanguy a estimé que cette erreur était « disqualifiante pour une candidate à la Mairie de Paris ». Quant au député LFI Paul Vannier, il a qualifié Sarah Knafo de « bourgeoise d’extrême droite », soulignant son habitus éloigné des préoccupations populaires.
Un symbole des fractures politiques françaises
Cet incident s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les citoyens reprochent souvent aux élus leur éloignement des réalités sociales. Dans une ville comme Paris, où le coût de la vie est élevé, une telle méconnaissance des prix des transports en commun apparaît comme un symbole des déséquilibres entre les différentes forces politiques.
Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rétablir la confiance dans les institutions, de tels épisodes rappellent que la crise des vocations politiques persiste, notamment chez les jeunes générations, qui peinent à s'identifier à des figures comme Sarah Knafo.
Reste à savoir si cette affaire aura un impact sur les élections municipales, ou si elle sera rapidement oubliée dans le tumulte des campagnes politiques.