Un policier grièvement blessé dans des affrontements violents à Strasbourg
"La liberté de manifester ne peut se faire dans la violence." - Laurent Nuñez, ministre de l'Intérieur
Un policier de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) a été grièvement blessé à l'œil mardi lors d'échauffourées avec des
agriculteurs manifestant devant le Parlement européen à Strasbourg. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a exprimé sa solidarité avec le blessé, soulignant que
la violence n'a pas sa place dans l'expression démocratique.
Une mobilisation européenne contre le Mercosur
Quelque 5 500
agriculteurs, venus de France, d'Italie, de Belgique et de Pologne, ont convergé vers Strasbourg pour protester contre l'accord avec le Mercosur.
Cet accord, signé samedi au Paraguay, suscite une vive opposition parmi les producteurs européens, craignant une concurrence déloyale avec des produits importés moins chers et moins respectueux des normes environnementales et sanitaires de l'UE.
Tensions et violences
L'après-midi a vu l'escalade des tensions, avec des manifestants lançant des fumigènes, des bouteilles et des fruits sur les forces de l'ordre. Les CRS ont répliqué par des grenades lacrymogènes.
Le syndicat Alliance police nationale a diffusé des images d'un CRS évacué après avoir été violemment pris à partie.
Un enjeu démocratique et économique
Mercredi, les agriculteurs restent mobilisés alors que les députés européens doivent décider de saisir ou non la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) sur la validité de l'accord.
Pour ses détracteurs, le Mercosur menace l'agriculture européenne, déjà fragilisée par les crises successives.
Le gouvernement français, dirigé par le Premier ministre Sébastien Lecornu, est sous pression pour défendre les intérêts des producteurs locaux.
Un contexte politique tendu
Cette mobilisation s'inscrit dans un climat de
crise agricole et politique sanitaire, où les agriculteurs dénoncent un manque de soutien de l'État face aux défis économiques et environnementaux.
L'Union européenne, souvent critiquée par l'extrême droite, apparaît ici comme un rempart contre les accords commerciaux déséquilibrés.
L'Europe au cœur des débats
Alors que la France préside le Conseil de l'UE,
le gouvernement d'Emmanuel Macron doit naviguer entre les exigences économiques et les attentes des citoyens.
L'accord avec le Mercosur divise non seulement les agriculteurs, mais aussi les partis politiques, avec une droite nationaliste et une extrême droite hostiles à toute ouverture commerciale, tandis que la gauche et les écologistes défendent une Europe protectrice de ses normes.
Vers une nouvelle escalade ?
Les manifestants ont annoncé leur intention de poursuivre leur mobilisation, laissant craindre de nouveaux affrontements.
Dans ce contexte, la question de la sécurité et du respect des institutions européennes reste au cœur des débats.