Une mobilisation agricole sous haute tension
Des centaines de tracteurs ont envahi Paris ce mardi 13 janvier, marquant une nouvelle étape dans la contestation de l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur. Malgré l'opposition affichée par la France, le texte a été validé par les 27, ouvrant la voie à sa signature par Ursula von der Leyen au Paraguay.
Un processus inéluctable ?
Le vote des États membres la semaine dernière à Bruxelles n'était qu'une première étape. La Commission européenne, avec l'approbation des capitales, peut désormais signer l'accord. Mais c'est au Parlement européen que se jouera désormais le sort du texte, avec un vote attendu après avril. Les agriculteurs français, soutenus par quelques États membres, tentent de mobiliser les eurodéputés, mais les chances de blocage semblent minces.
La stratégie des opposants : saisir la justice européenne
Face à l'imminence de l'application provisoire de l'accord - dès la ratification par un seul pays du Mercosur - certains eurodéputés envisagent une saisine de la Cour de justice de l'Union européenne. Ils contestent la scission du traité en deux parties, permettant ainsi à la Commission d'éviter l'unanimité pour sa ratification. Une suspension du processus pourrait être obtenue, retardant l'entrée en vigueur.
Un enjeu politique majeur pour le gouvernement
Alors que le gouvernement français tente de rassurer les agriculteurs, la gauche européenne voit dans cet accord un symbole des dérives libérales de l'UE. Jean-Luc Mélenchon a qualifié le texte de « trahison des engagements écologiques », tandis que les écologistes allemands, pourtant favorables au commerce international, hésitent à soutenir le projet. À l'inverse, la droite et l'extrême droite, traditionnellement eurosceptiques, se retrouvent paradoxalement alignées avec la Commission.
Les conséquences économiques et politiques
L'accord, s'il entre en vigueur, pourrait avoir des répercussions majeures sur les filières agricoles françaises, déjà fragilisées par les crises successives. Les syndicats craignent une concurrence déloyale, tandis que les industriels européens saluent l'ouverture de nouveaux marchés. Du côté des pays du Mercosur, le Brésil, en pleine transition politique, pourrait tirer profit de cet accord pour renforcer ses exportations.
Un test pour l'avenir de l'Europe agricole
Au-delà des enjeux économiques, cet accord interroge sur la capacité de l'UE à concilier libre-échange et protection des intérêts nationaux. La France, souvent en première ligne des contestations, pourrait une fois de plus incarner les divisions européennes. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de naviguer entre réalisme économique et pression sociale, les agriculteurs français font de ce dossier un symbole de leur combat.