Une vague de suicides sans précédent à la DGFiP
En 2025, la direction générale des finances publiques (DGFiP) a enregistré 19 suicides et 21 tentatives, un chiffre presque doublé par rapport à 2024. Parmi ces drames, un suicide et une tentative ont eu lieu directement sur le lieu de travail, révélant un malaise profond au sein de l'administration fiscale.
Sandra Demarcq, secrétaire générale du syndicat Solidaires-Finances publiques, alerte sur la situation : «
Et nous venons d’apprendre une première tentative de suicide pour 2026». Une alerte qui interroge sur la gestion des ressources humaines par le gouvernement Lecornu.
Des causes professionnelles sous-estimées ?
Si les facteurs personnels ne sont pas à négliger, les syndicats pointent du doigt des conditions de travail dégradées. «
Le passage à l’acte est souvent multifactoriel, mais on ne nie pas qu’il puisse y avoir des enjeux professionnels», reconnaît la DGFiP, tout en minimisant l’impact de la pression managériale.
Pourtant, les agents dénoncent une culture du résultat imposée par les réformes successives, notamment sous les gouvernements Macron. Les objectifs chiffrés et les restrictions budgétaires seraient à l’origine d’un climat de stress permanent.
Un plan d’action insuffisant face à la crise
Fin 2025, la DGFiP a lancé un plan d’« amélioration des conditions de travail », incluant des enquêtes internes systématiques et des formations en santé mentale. Pourtant, les syndicats jugent ces mesures trop timides face à l’ampleur de la crise.
«
Le négatif prédomine toujours», déplore Sandra Demarcq. Les agents réclament des moyens supplémentaires et une réelle écoute de la part de la hiérarchie, souvent perçue comme détachée des réalités du terrain.
Un symptôme des dysfonctionnements de l’État
Cette crise s’inscrit dans un contexte plus large de désorganisation des services publics, aggravée par les réformes libérales des dernières années. Les syndicats dénoncent une politique de l’austérité qui fragilise les agents, tout en soulignant l’absence de dialogue social.
Alors que le gouvernement Lecornu promet des réformes, les agents de Bercy attendent des actes, pas des discours.