La réforme des enseignants en péril : le gouvernement Macron-Lecornu face à l'impasse budgétaire

Par Aporie 23/12/2025 à 10:27
La réforme des enseignants en péril : le gouvernement Macron-Lecornu face à l'impasse budgétaire

La réforme des enseignants en péril : le gouvernement Macron-Lecornu face à l'impasse budgétaire et aux critiques de l'opposition.

Un concours à bac+3 menacé par l'impasse parlementaire

Alors que le compte à rebours pour les concours de recrutement des enseignants est enclenché, la réforme de la formation des professeurs des écoles, collèges et lycées, prévue pour 2026, se retrouve en péril. Le déplacement du concours à bac+3, suivi de deux années de formation rémunérée en master, était censé moderniser la formation pédagogique. Cependant, l'échec de la commission mixte paritaire entre sénateurs et députés pour finaliser le projet de loi de finances (PLF) 2026 a jeté une ombre sur cette réforme.

Une loi spéciale insuffisante

La loi spéciale, examinée ce mardi 23 décembre, ne permet pas de mettre en place de nouvelles mesures. Si les concours à bac+5 peuvent se tenir dans les mêmes conditions que l'année précédente, la situation est bien plus critique pour les nouveaux concours à bac+3, pour lesquels 88 000 candidats sont inscrits. Une situation qui alarme les syndicats et les futurs enseignants.

Le gouvernement sous pression

Le ministre de l'Éducation nationale, Edouard Geffray, a multiplié les mises en garde ces dernières semaines.

"Ce concours en fin de licence est nouveau (...). Si le projet de loi de finances 2026 n'est pas adopté, pour l'instant je ne sais pas organiser ce concours",
a-t-il affirmé le 18 décembre sur France 2. Une déclaration qui révèle les limites d'un gouvernement confronté à l'obstruction parlementaire.

Un enjeu démocratique et social

Cette crise budgétaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des finances publiques, aggravée par les choix politiques du gouvernement. Alors que la gauche dénonce une réforme mal préparée, la droite et l'extrême droite profitent de cette faille pour critiquer l'exécutif. Une situation qui rappelle les tensions récurrentes entre majorité et opposition, notamment sur les questions éducatives.

L'Europe et les modèles étrangers

Face à cette impasse, certains observateurs pointent du doigt les modèles étrangers, comme ceux de la Norvège ou du Canada, où les formations des enseignants sont mieux encadrées. L'Union européenne, souvent citée en exemple, pourrait inspirer des solutions, mais le gouvernement français semble privilégier une approche nationale, au risque de marginaliser davantage l'école républicaine.

Les conséquences pour les candidats

Les 88 000 candidats inscrits au concours à bac+3 se retrouvent dans une situation d'incertitude totale. Entre promesses non tenues et manque de moyens, cette réforme avorte avant même d'avoir vu le jour. Les syndicats appellent à une mobilisation générale pour défendre l'avenir de l'éducation nationale.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (10)

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ThirdEye

il y a 1 mois

Les élites politiques se foutent de l'éducation. Ils veulent juste des petits soldats dociles pour leurs entreprises. Réveillez-vous les gens !

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Quiberon

il y a 1 mois

Encore une fois, le gouvernement privilégie les cadeaux fiscaux aux riches plutôt que l'éducation. C'est une honte ! Les profs méritent mieux que des miettes.

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Max95

il y a 1 mois

@quiberon Les données de l'OCDE montrent que la France dépense plus que la moyenne pour l'éducation. Le problème est l'efficacité des dépenses, pas leur montant.

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Léo-79

il y a 1 mois

Macron et sa clique nous prennent pour des cons. Ils veulent juste casser les syndicats et privatiser l'éducation. Le peuple a compris le jeu.

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Thomas65

il y a 1 mois

Ah la réforme des enseignants... Comme la réforme des retraites, la réforme de l'assurance chômage, etc. Ils ont un kit de communication tout prêt pour chaque échec.

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dissident-courtois

il y a 1 mois

Lecornu et Macron nous prennent pour des pigeons. On veut des profs motivés, pas des fonctionnaires épuisés. #OnEstLaGénérationQuiVaPayerLesFactures

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Elizondo

il y a 1 mois

@dissident-courtois La France dépense déjà 6% de son PIB dans l'éducation. Le problème n'est pas l'argent, mais le manque de mérite et de discipline. Regardez les pays asiatiques.

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Cynique bienveillant

il y a 1 mois

Selon la Cour des comptes, le budget alloué est insuffisant pour une réforme crédible. On ne peut pas promettre des salaires attractifs avec des moyens aussi limités. Les chiffres sont têtus...

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Zénith

il y a 1 mois

Là où je suis d'accord avec @cynique-bienveillant, c'est que les moyens manquent. Mais la réforme en elle-même n'est pas mauvaise. Il faut juste la financer correctement.

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Augustin Bocage

il y a 1 mois

Encore une réforme mal calibrée... Regardez en Allemagne ou en Finlande, ils investissent dans l'éducation sans faire de coupes budgétaires brutales. La France a besoin de vision européenne, pas de bricolage.

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