Un impôt conçu pour les riches, mais qui profite surtout aux évasion fiscale
C’est un échec retentissant pour le gouvernement Lecornu. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), présentée comme une mesure de justice fiscale, ne rapportera finalement que cinq fois moins que prévu. Un fiasco qui illustre les limites d’une politique fiscale conçue sous pression de la gauche, mais sabordée par les failles du système.
Une mesure symbolique, un résultat désastreux
Adoptée en février 2025 sous l’impulsion de François Bayrou, alors Premier ministre, cette taxe visait à garantir un taux d’imposition minimal de 20 % pour les contribuables les plus aisés. Les seuils étaient fixés à 250 000 euros pour un célibataire et 500 000 euros pour un couple sans enfant. L’objectif ? Combler une partie du déficit tout en répondant aux exigences de la gauche, qui réclamait depuis des années une vraie taxation des plus riches.
Mais le résultat est sans appel : les contribuables concernés ont massivement contourné le dispositif, réduisant à néant les espoirs de recettes supplémentaires. « C’est la preuve que les riches ne paient jamais leur juste part », dénonce un député LFI, tandis que la droite accuse le gouvernement de démagogie fiscale.
Un échec qui interroge la crédibilité du gouvernement
Alors que la France traverse une crise des finances publiques, ce fiasco fiscal jette une lumière crue sur les failles structurelles du système. « Comment peut-on croire que les ultra-riches vont se soumettre à une taxe conçue pour eux ? », s’interroge un économiste proche du PS.
Du côté de l’exécutif, on minimise l’échec.
« La CDHR reste une mesure importante pour l’équité fiscale »,assure un porte-parole de Bercy. Mais l’opposition y voit une preuve supplémentaire de l’incapacité du gouvernement à réformer en profondeur.
La gauche en colère, la droite triomphante
À gauche, on accuse le gouvernement d’avoir cédé aux lobbies et d’avoir conçu une taxe trop molle pour être efficace. « Macron et Lecornu ont une fois de plus préféré les riches aux citoyens », tonne Jean-Luc Mélenchon.
À droite, on se félicite de l’échec. « Cette mesure était une erreur idéologique », estime un député LR, tandis que le RN y voit une preuve de l’incompétence du pouvoir en place.
Et maintenant ?
Alors que la France s’enfonce dans la crise des finances publiques, ce fiasco fiscal relance le débat sur la fiscalité des plus riches. Faut-il renforcer les contrôles ? Supprimer les niches fiscales ? Ou abandonner purement et simplement cette taxe ? Les réponses risquent d’être aussi divisées que les opinions.