Un décès en garde à vue sous le feu des critiques
La mort d'El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans, dans un commissariat parisien, relance le débat sur les violences policières en France. Alors que les premiers éléments d'enquête évoquent un possible étranglement, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, refuse de tirer des conclusions hâtives.
Des doutes persistants sur les circonstances du décès
Selon les déclarations de la famille, l'autopsie révèle des traces caractéristiques d'un étranglement. Pourtant, le gouvernement, par la voix de Laurent Nuñez, minimise les faits :
"Rien ne dit, à ce stade, quelles sont les causes de la mort."
Le ministre évoque une "position latérale de sécurité" et un "malaise" survenu après un transport dont les conditions restent floues. Une version contestée par les proches de la victime, qui dénoncent une opacité volontaire.
Des images accablantes et des témoignages troublants
Des vidéos tournées par des riverains montrent deux policiers plaquant au sol El Hacen Diarra, l'un d'eux lui assenant deux coups de poing. On entend distinctement la victime crier : "Vous m'étranglez !". Ces images, analysées par la famille, renforcent les soupçons de violences.
Pourtant, Laurent Nuñez qualifie ces incidents de "cas isolés", une position jugée hypocrite par les associations de défense des droits humains, qui pointent une habitude de minimisation des dérives policières.
Une enquête judiciaire tardive et une famille en colère
L'ouverture d'une information judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné la mort" n'intervient que cinq jours après les faits, après une demande insistante de l'avocat de la famille. Un délai perçu comme un manque de volonté politique.
La famille exige désormais la garde à vue des policiers impliqués, une mesure que le ministre de l'Intérieur refuse d'envisager tant que la culpabilité n'est pas établie. Une position critiquée par les oppositions, qui y voient une protection systématique des forces de l'ordre.
Un contexte de tensions croissantes autour de la sécurité
Cet épisode s'inscrit dans un climat de défiance croissant envers les institutions policières, marqué par des affaires récurrentes de violences et un sentiment d'impunité. La gauche dénonce une politique de répression sous couvert de sécurité, tandis que l'extrême droite instrumentalise ces affaires pour alimenter son discours sécuritaire.
Dans ce contexte, le gouvernement, déjà fragilisé par des crises multiples, se retrouve sous pression. Les prochaines élections de 2027 pourraient bien faire de la question policière un enjeu majeur, avec un risque accru de radicalisation des positions.