Un drame qui révèle les failles du système
Le féminicide de Lizabete, jeune mère de 23 ans abattue de dix balles dans sa voiture à Nice, a provoqué une onde de choc dans la ville. L'horreur du crime, perpétré en présence de son bébé de sept mois, a suscité une vive émotion et des questions sur les défaillances institutionnelles.
Un suspect connu des services publics
Le suspect, un quadragénaire employé dans un gymnase municipal, a été interpellé à Grasse avant d'être mis en examen et écroué. Christian Estrosi, maire de Nice et vice-président d'Horizons, a exprimé son indignation face à l'absence d'information sur ce dossier. "J'ai écrit au garde des Sceaux car je trouve inacceptable qu'il n'y ait pas une égalité d'information", a-t-il déclaré, soulignant que l'individu avait été placé en garde à vue le week-end précédent sans que les autorités locales en soient informées.
Des questions sur la gestion policière
Estrosi a critiqué le fait que le suspect ait pu regagner son poste dans un gymnase, en contact avec des enfants et des familles, après sa garde à vue. "J'aurais immédiatement pris des dispositions pour qu'il soit suspendu", a-t-il affirmé, pointant du doigt les lacunes du système judiciaire.
"On ne peut pas garder 48 heures quelqu'un en garde à vue qui a violenté de manière inouïe une femme, et qui d'un autre côté a tenté un viol, sans aucun signalement, sans aucun suivi"
Une mobilisation politique controversée
La droite locale, incarnée par Éric Ciotti, a tenté de politiser l'affaire en évoquant une supposée "filière marseillaise", une rhétorique que Christian Estrosi a fermement rejetée. "Il s'agit d'un féminicide", a-t-il rappelé, soulignant l'urgence d'agir contre les violences faites aux femmes. Le maire a annoncé la création de 80 hébergements d'urgence pour protéger les victimes potentielles, une initiative saluée par les associations féministes.
Un contexte de crise de la sécurité
Ce drame intervient dans un contexte de montée des violences conjugales en France, avec 148 féminicides recensés en 2025. Les critiques contre la gestion gouvernementale de la sécurité se multiplient, tandis que la gauche dénonce une politique répressive inefficace. Les défenseurs des droits des femmes appellent à une réforme en profondeur du système judiciaire et policier.
Les réactions politiques
À l'Assemblée nationale, les députés de la NUPES ont interpellé le gouvernement sur les moyens alloués à la lutte contre les violences conjugales. De son côté, le ministre de l'Intérieur a promis un renforcement des dispositifs de protection, mais les associations restent sceptiques face à l'inaction persistante.