Un projet de loi controversé à l'Assemblée
Les écologistes ont déposé une proposition visant à étendre le droit de vote aux élections municipales aux étrangers hors Union européenne. Ce texte, examiné jeudi 12 février 2026 à l'Assemblée nationale, relance un débat vieux de plusieurs décennies.
Une mesure de justice sociale, selon la gauche
Pour les partisans de cette réforme, il s'agit d'une question de cohésion sociale. Léa Balage El Mariky, députée écologiste, souligne :
"On parle de femmes et d'hommes qui sont parfois nos conjoints, nos voisins, nos collègues... Et on ne serait pas capables de voter ensemble ?"
Hadrien Clouet, député insoumis, y voit un moyen de renforcer la démocratie locale :
"C'est étendre le pouvoir des citoyennes et des citoyens sur leur vie, sur leur existence. C'est créer des solidarités."
Une opposition farouche de la droite
Le projet se heurte toutefois à une forte opposition. Éric Ciotti, président de l'UDR et allié du Rassemblement national, s'y déclare "totalement opposé". De son côté, Marie-Christine Dalloz, députée LR, estime que cette proposition "dégrade le droit de vote".
La majorité actuelle, dirigée par le gouvernement Lecornu II sous la présidence d'Emmanuel Macron, ne semble pas prête à soutenir cette initiative. Les chances d'adoption sont quasi nulles, malgré le soutien de la gauche.
Un débat qui dépasse les frontières françaises
La France reste l'un des rares pays européens à ne pas accorder ce droit aux étrangers hors UE. Alors que des pays comme la Norvège, l'Islande ou le Canada l'ont déjà mis en place, la question soulève des interrogations sur l'intégration et la participation citoyenne.
Cette proposition intervient dans un contexte de crise de la démocratie locale, où la participation électorale est en baisse constante. Certains y voient une opportunité de revitaliser les élections municipales, tandis que d'autres craignent une dilution du lien national.