1998 : Le sacrifice républicain de Jean-François Humbert contre l'extrême droite

Par Aurélie Lefebvre 21/11/2025 à 13:30
1998 : Le sacrifice républicain de Jean-François Humbert contre l'extrême droite

En 1998, Jean-François Humbert démissionne de son poste de président de région pour refuser le soutien du FN, devenant un symbole républicain.

Un geste qui a marqué l'histoire politique française

En mars 1998, la France est secouée par une crise politique sans précédent. Les élections régionales ont donné lieu à des alliances controversées entre la droite traditionnelle et le Front national (FN), provoquant une onde de choc dans le paysage politique. Quatre présidents de région, élus grâce aux voix de l'extrême droite, deviennent la cible de vives critiques. Parmi eux, Jean-François Humbert, président de la région Franche-Comté, choisit une voie radicalement différente.

Un refus catégorique des compromis avec l'extrême droite

Alors que Charles Millon (Rhône-Alpes), Jean-Pierre Soisson (Bourgogne), Charles Baur (Picardie) et Jacques Blanc (Languedoc-Roussillon) acceptent le soutien du FN, Humbert, membre de l'UDF, tient sa promesse : il refuse toute collusion avec le parti de Jean-Marie Le Pen. Malgré les pressions internes et les débats houleux au sein de son camp, il démissionne de son poste, devenant ainsi un symbole de l'intégrité républicaine.

Une décision qui divise la droite et la gauche

En Franche-Comté, le scrutin proportionnel à un tour a placé gauche et droite à égalité, avec 24 élus chacun. Les neuf conseillers FN deviennent alors des arbitres incontournables. À droite, certains colistiers désapprouvent la position d'Humbert, tandis qu'à gauche, les réactions sont mitigées. Le Parti socialiste, allié au Parti communiste et aux Verts, entre en discussion avec la droite, ce qui provoque la colère des partisans de Jean-Pierre Chevènement, chef de file du Mouvement des citoyens (MDC).

Un héritage politique toujours d'actualité

Vingt-cinq ans plus tard, le geste d'Humbert résonne encore dans le débat politique français. Dans un contexte marqué par la montée des extrêmes et les crises institutionnelles, son exemple rappelle l'importance des principes républicains. Aujourd'hui, alors que la France fait face à des défis majeurs, notamment la crise des vocations politiques et les tensions internes à la majorité présidentielle, la mémoire de ce « héros républicain » reste un sujet de réflexion.

Un décès qui relance le débat sur l'intégrité politique

Jean-François Humbert s'est éteint le 20 novembre dernier à Issoudun, à l'âge de 73 ans. Son décès relance les discussions sur l'éthique en politique et la nécessité de défendre les valeurs républicaines face aux dérives populistes. Dans un pays où les alliances opportunistes semblent parfois primer sur les convictions, son héritage politique prend une dimension particulière.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (10)

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G

Gradation

il y a 1 mois

1998, c'est vieux... Aujourd'hui, les jeunes s'en foutent de ces histoires de FN vs République. On a d'autres priorités, genre le logement !

6
É

Économiste curieux 2024

il y a 1 mois

Selon l'INSEE, les régions avec des élus FN ont eu des budgets moins stables. Humbert avait peut-être raison sur le long terme.

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B

Beauvoir

il y a 1 mois

Les élites se donnent bonne conscience en refusant le FN, mais ils ignorent le peuple ! Les gens en ont marre des promesses et des calculs.

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K

Kaysersberg

il y a 1 mois

En Allemagne, des élus refusent aussi les alliances avec l'AfD. La France devrait s'en inspirer. L'Europe nous unit dans nos valeurs.

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O

OffTheGrid

il y a 1 mois

@kaysersberg L'Europe ? Elle nous protège de quoi, au juste ? Des migrants ? Des taxes ? Des bureaucrates qui nous volent notre souveraineté ?

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E

Etchecopar

il y a 1 mois

Ahah, un élu qui démissionne par principe... La blague ! Combien de fois ça arrive aujourd'hui ? Zéro. Tout le monde veut son poste, même avec le diable.

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R

Reporter citoyen

il y a 1 mois

En 1998, c'était en PACA, non ? Les enjeux locaux étaient très différents. Aujourd'hui, les régions ont plus de pouvoir, ça change tout.

3
R

Reminiscence

il y a 1 mois

Respect pour Humbert, mais le FN a changé. Refuser tout dialogue, c'est aussi refuser de comprendre les inquiétudes des Français.

2
M

Michèle du 54

il y a 1 mois

@reminiscence Le FN n'a pas changé : toujours xénophobe, toujours anti-République. Refuser son soutien, c'est défendre la démocratie !

0
F

Fab-49

il y a 1 mois

Un geste courageux qui montre que les principes républicains peuvent primer sur les calculs politiques. Mais aujourd'hui, cette intégrité est-elle encore possible ?

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