Affaire Guerriau : Larcher brise enfin son silence face à la colère de Sandrine Josso

Par Aporie 31/01/2026 à 17:13
Affaire Guerriau : Larcher brise enfin son silence face à la colère de Sandrine Josso

Gérard Larcher brise enfin son silence après la condamnation de Joël Guerriau pour avoir drogué Sandrine Josso. La députée dénonce un manque de soutien.

Un soutien tardif du président du Sénat

Gérard Larcher, président du Sénat, a finalement décidé de rompre son silence face à la députée Sandrine Josso, après des semaines de critiques pour son absence de réaction dans l'affaire du sénateur Joël Guerriau. Condamné pour avoir drogué la députée de Loire-Atlantique en 2023, l'ancien sénateur des Yvelines a écopé de quatre ans de prison, dont 18 mois ferme. Une peine qui a relancé les débats sur les dérives au sein des institutions.

Une lettre accusatrice

Dans un courrier adressé à Gérard Larcher, Sandrine Josso avait exprimé son indignation face à l'absence de soutien de la part du président du Sénat. « Je regrette de ne pas avoir reçu un signe de votre part », écrivait-elle, soulignant que son silence était incompréhensible dans un contexte aussi grave. La députée MoDem, chargée d'une mission gouvernementale sur la soumission chimique, avait multiplié les démarches pour alerter sur les « graves dérives » impliquant le Sénat.

Un soutien officiel, mais contesté

Dans une déclaration transmise à l'AFP, Gérard Larcher a affirmé son « soutien » à Sandrine Josso, tout en reconnaissant sa souffrance. « Au nom du Sénat et en mon nom personnel, je tiens à exprimer mon soutien à l'égard de madame Sandrine Josso, dont nous mesurons la souffrance face à cette épreuve », a-t-il déclaré. Une prise de position qui intervient après des semaines de pression médiatique et politique, alors que l'opposition de gauche dénonçait un manquement à la solidarité institutionnelle.

Un scandale qui éclabousse le Sénat

L'affaire Guerriau a mis en lumière les dysfonctionnements persistants dans les hautes sphères du pouvoir. Joël Guerriau, ancien sénateur LR, a été reconnu coupable d'avoir drogué Sandrine Josso dans le but de la violer. Malgré sa condamnation, il maintient sa version d'un « accident », un argument rejeté par la justice. Son appel pourrait prolonger une affaire déjà emblématique des dérives du pouvoir.

La gauche exige des réformes

Dans l'opposition, les critiques se multiplient contre la majorité présidentielle, accusée de complicité passive. Jean-Luc Mélenchon, chef de file de la NUPES, a dénoncé un « système qui protège ses propres membres ». « Comment peut-on accepter qu'un sénateur commette de tels actes et que ses pairs restent silencieux ? », a-t-il interrogé, réclamant une refonte des mécanismes de contrôle interne.

Un gouvernement sous pression

Le gouvernement Lecornu II, déjà en difficulté sur plusieurs dossiers, se retrouve confronté à une nouvelle crise de confiance institutionnelle. Sébastien Lecornu, Premier ministre, a évoqué la nécessité de « renforcer les garde-fous » contre les violences sexuelles en politique. Une déclaration perçue comme tardive par les associations féministes, qui réclament des actes concrets.

Un silence qui en dit long

Sandrine Josso avait déjà écrit à deux reprises à Gérard Larcher, sans obtenir de réponse. « J'étais peinée et surprise par ce silence », a-t-elle confié, soulignant que le président du Sénat n'avait même pas pris « quelques minutes pour échanger » avec elle. Une omission qui interroge sur la solidarité réelle entre les élus.

Vers une réforme des institutions ?

L'affaire Guerriau pourrait accélérer les réflexions sur la transparence et l'éthique en politique. Des voix s'élèvent pour exiger des mécanismes de prévention plus stricts, notamment dans les assemblées parlementaires. Une évolution qui pourrait s'inscrire dans le cadre des réformes institutionnelles promises par Emmanuel Macron, mais dont l'application reste incertaine.

À propos de l'auteur

Aporie

La Cinquième République est à bout de souffle. Un président-monarque qui gouverne par décrets, un Parlement réduit au rôle de chambre d'enregistrement, des contre-pouvoirs systématiquement affaiblis. Je pose les questions que les éditorialistes mainstream évitent soigneusement : à qui profite ce système ? Pourquoi les mêmes familles politiques se partagent le pouvoir depuis quarante ans ? Comment se fait-il que les promesses de campagne soient toujours trahies ?

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Commentaires (8)

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TruthSeeker

il y a 2 semaines

Ce qui m'interpelle, c'est que personne ne parle des autres victimes potentielles. Guerriau était en poste depuis longtemps - qui d'autre a pu subir ça ? Et pourquoi on en parle seulement maintenant ?

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Nausicaa

il y a 2 semaines

Ptdr mais genre... ils croyaient quoi ? Qu'on allait oublier ??? Franchement, la politique c'est juste un gros cirque !!!

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Malo du 40

il y a 2 semaines

Je comprends la colère de Josso, mais faut pas non plus diaboliser Larcher. Il a peut-être eu des contraintes internes. Par contre, c'est vrai que c'est limite.

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Orphée

il y a 2 semaines

@malo-du-40 Les contraintes internes, c'est toujours l'argument quand les politiques veulent éviter de prendre leurs responsabilités. Qui contrôle qui ici ? Le groupe LR ou la justice ?

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Nocturne

il y a 2 semaines

Un silence de 6 mois pour un crime sexuel. La classe politique a encore frappé.

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Véronique de Poitou

il y a 2 semaines

Noooon mais sérieux ??? Elle a été droguée et personne ne bouge ??? Bcp de courage Sandrine Josso, mais franchement, c'est honteux cette indifférence !!!

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WebSurfer

il y a 2 semaines

Bon, Larcher sort enfin de son silence... comme d'hab, il faut attendre que la pression monte à 1000 bars. Et après ? On va faire quoi, un comité de réflexion ?

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Prisme

il y a 2 semaines

@websurfer La lenteur des réactions institutionnelles a un coût économique : perte de confiance, baisse de productivité des équipes concernées. Larcher aurait dû agir plus tôt pour éviter ces dégâts collatéraux.

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