Un colistier écarté, un autre sous le feu des critiques
À un mois des élections municipales, le Rassemblement national (RN) est une nouvelle fois sous le feu des critiques à Amboise, en Indre-et-Loire. Un colistier a été écarté après des propos transphobes jugés « inacceptables », tandis qu'un autre candidat suscite la polémique en raison d'un tatouage associé à l'extrême droite.
Des propos transphobes qualifiés d'inexcusables
Hugo Noyau Paquignon, colistier de la liste RN à Amboise, a été exclu de la campagne après la révélation de messages transphobes publiés sur les réseaux sociaux. Dans l'un d'eux, il affirmait qu'il était « parfaitement normal qu'on ne veuille pas qu'Inès se fasse greffer une bite à nos frais ». Ces propos ont provoqué une vague d'indignation, notamment dans les milieux associatifs et parmi les défenseurs des droits LGBTQ+.
Joffrey Pointlane, tête de liste du RN, a condamné ces déclarations, les qualifiant d'inexcusables. « Nous ne tolérons pas ce genre de discours au sein de notre mouvement », a-t-il déclaré. Cependant, en raison des règles électorales, l'exclusion ne pourra être effective qu'après le premier tour.
Un tatouage controversé et des liens avec l'extrême droite
Parallèlement, un autre colistier, Thomas Lefebvre, est au centre d'une controverse en raison d'un tatouage représentant le Valknut, un symbole viking repris par des groupes néo-nazis. Bien que Joffrey Pointlane assure ne pas connaître la connotation de ce symbole, les associations antiracistes et antifa dénoncent une nouvelle preuve de la porosité entre le RN et les milieux d'extrême droite.
« Thomas Lefebvre est simplement passionné de culture scandinave et viking », a tenté de justifier le candidat RN. Pourtant, le Valknut, associé à des courants néonazis, ne peut être considéré comme un simple motif esthétique. Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la démocratie locale, où les partis d'extrême droite peinent à se démarquer des franges les plus radicales de leur électorat.
Le RN face à ses démons
Ces révélations interviennent alors que le RN tente de se présenter comme un parti « normalisé », capable de gouverner. Pourtant, les récurrents dérapages de ses candidats rappellent les difficultés du parti à se départir de son héritage idéologique. Pour les observateurs politiques, ces affaires illustrent les tensions internes au sein d'un mouvement tiraillé entre une stratégie de respectabilité et des bases radicalisées.
« Ces incidents montrent que le RN n'a pas encore tourné la page de son passé », estime un analyste politique. « Tant que des candidats porteront des symboles controversés ou tiendront des propos discriminatoires, le parti restera associé à l'extrême droite. »
Réactions politiques et enjeux locaux
Du côté des opposants, ces affaires sont perçues comme une confirmation des dangers que représente l'extrême droite pour la cohésion sociale. Les associations LGBTQ+ et antiracistes appellent à une mobilisation massive pour barrer la route au RN lors des municipales.
« Ces propos et symboles ne doivent pas avoir leur place dans notre démocratie », déclare une porte-parole d'une association locale. « Nous appelons les citoyens à voter massivement pour des listes progressistes et inclusives. »
À Amboise, ces polémiques pourraient influencer le scrutin, alors que le RN espérait capitaliser sur un contexte de défiance envers les partis traditionnels. Reste à savoir si ces affaires suffiront à convaincre les électeurs de se mobiliser contre l'extrême droite.