APL : Le Conseil constitutionnel valide la préférence nationale pour les étudiants étrangers, une mesure jugée discriminatoire

Par Decrescendo 19/02/2026 à 22:22
APL : Le Conseil constitutionnel valide la préférence nationale pour les étudiants étrangers, une mesure jugée discriminatoire

Le Conseil constitutionnel valide l'exclusion des étudiants non européens des APL, une mesure jugée discriminatoire par la gauche et les associations étudiantes.

Une décision controversée qui creuse les inégalités

Jeudi 19 février 2026, le Conseil constitutionnel a validé un article du projet de loi de finances pour 2026 visant à exclure les étudiants non européens et non boursiers du bénéfice de l’aide personnalisée au logement (APL). Cette mesure, dénoncée comme une forme de préférence nationale, suscite une vive opposition parmi les associations étudiantes et les partis de gauche.

Un recul social sous couvert d’intérêt général

Les Sages ont estimé que cette exclusion, conditionnée à une présence en France d’au moins deux ans, relevait d’un objectif d’intérêt général visant à maîtriser les dépenses publiques. Pourtant, cette décision intervient dans un contexte de crise du logement étudiant, où les étudiants étrangers, déjà trois fois plus nombreux à recourir à l’aide alimentaire, voient leurs conditions de vie se dégrader.

Des réserves constitutionnelles insuffisantes

Le Conseil a toutefois rappelé que la loi devait respecter le préambule de la Constitution, garantissant à toute personne des conditions nécessaires à son développement. Une nuance jugée insuffisante par les opposants, qui dénoncent une rupture avec les principes d’égalité républicaine.

La gauche et les associations montent au créneau

Le Parti socialiste (PS) et La France insoumise (LFI) avaient saisi le Conseil constitutionnel, soulignant que cette mesure instaurait une hiérarchie entre les étudiants.

« Cette décision est une atteinte à l’égalité d’accès à l’instruction », a dénoncé le PS, rappelant que le Conseil avait censuré en 2024 une mesure similaire pour le RSA.

Les syndicats étudiants, comme la FAGE et l’UNEF, ont annoncé une mobilisation renforcée, craignant des abandons d’études et des situations de sans-abri.

« On ne va pas en rester là », a affirmé Manon Moret, secrétaire générale de l’UNEF, promettant des actions conjointes avec les associations d’étudiants étrangers.

Un durcissement juridique inquiétant

Pour la constitutionnaliste Anne-Charlène Bezzina, cette décision marque un glissement vers la préférence nationale, inspiré du programme du Front national.

« C’est une rupture avec les valeurs européennes », a-t-elle déclaré, évoquant un recours possible devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Un contexte politique tendu

Cette mesure s’inscrit dans un climat de crise des vocations politiques, où le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d’Emmanuel Macron, fait face à une opposition grandissante sur les questions sociales. Les partis de gauche dénoncent une politique de division, tandis que l’extrême droite salue une mesure de bon sens.

La Fondation pour le logement, qui avait rassemblé une quinzaine d’associations contre le projet, a exprimé sa déception, soulignant que l’APL était souvent la seule aide accessible aux étudiants étrangers.

« Cette mesure aggrave leur précarité », a déploré Manuel Domergue, directeur des études de la Fondation.

Des inégalités déjà existantes

Cette décision s’ajoute à d’autres discriminations, comme les droits d’inscription différenciés ou les conditions strictes pour le RSA. Les étudiants étrangers, déjà confrontés à des obstacles administratifs, voient leurs perspectives s’assombrir.

Alors que la France s’engage dans une stratégie électorale pour 2027, cette mesure pourrait alimenter les tensions, notamment dans les DOM-TOM, où les étudiants ultramarins sont particulièrement touchés.

À propos de l'auteur

Decrescendo

J'ai couvert les manifestations contre la réforme des retraites, les Gilets jaunes, les soignants en colère. J'ai vu des CRS charger des infirmières. J'ai vu des préfets interdire des manifestations au mépris du droit. J'ai vu des ministres mentir effrontément à la télévision. Cette violence institutionnelle, je la dénonce sans relâche. On me traite parfois d'extrémiste parce que je rappelle simplement ce que dit la Constitution. Tant pis. Je préfère être un démocrate radical qu'un complice.

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Commentaires (9)

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Véronique de Poitou

il y a 16 heures

Mouais... bon, c'est vrai que c'est pas juste, mais bon, on a pas les sous non plus...

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N

Nocturne

il y a 17 heures

Le gouvernement a trouvé le moyen de faire des économies sur le dos des étrangers. Comme d'hab.

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O

Ophélie

il y a 18 heures

Pfff... encore une mesure qui va faire mal aux étudiants déjà en galère. Et après on s'étonne que les jeunes votent plus à l'extrême...

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T

ThirdEye

il y a 18 heures

D'accord, mais est-ce qu'on a vraiment les moyens de financer des aides pour tout le monde ? Et si on commence par les étudiants étrangers, demain ce sera qui ? Les retraités ? Les chômeurs ? Où est-ce qu'on s'arrête ?

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Y

Yvon du 39

il y a 16 heures

@thirdeye mais c'est pas une question de moyens, c'est une question de principe. On peut pas dire qu'on est un pays d'accueil et faire ça. Après, c'est sûr que ça va faire des économies, mais à quel prix ?

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Ironiste patenté 2022

il y a 19 heures

Noooon mais sérieux ??? On va encore faire les méchants avec les étrangers ??? Franchement, genre, ils paient leurs impôts aussi !!! Et après on s'étonne que les gens partent étudier ailleurs...

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Bourdon Velu

il y a 18 heures

@ironiste-patente-2022 ouais mais les APL c'est pour les français, c'est normal !!! Les étrangers ils ont déjà des bourses dans leurs pays !!!

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P

Prophète lucide

il y a 17 heures

@bourdon-velu genre ??? T'es sérieux ??? Les bourses à l'étranger c'est souvent symbolique !!! Et en plus ils paient des frais d'inscription 3x plus chers !!!

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EyeToEye71

il y a 19 heures

Cette décision rappelle étrangement les débats sur le droit du sol dans d'autres pays. Aux États-Unis, les aides sociales sont déjà conditionnées à la nationalité, mais ça n'a pas empêché les critiques. La France suit une logique similaire, mais avec un argumentaire plus économique qu'identité. Le vrai problème, c'est que ça crée une fracture entre étudiants, alors qu'on devrait plutôt améliorer le système pour tous.

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