Un meeting qui fait date
Avignon, 29 janvier 2026. Sous les projecteurs de La Scala, ancien cinéma du centre-ville, Olivier Galzi a transformé son meeting électoral en un véritable spectacle politique. Chemise blanche impeccable, sourire charismatique et discours rodé, l'ex-présentateur du journal de France 2 a su captiver une salle comble de plus de 700 personnes. Une affluence qui contraste avec les difficultés des autres candidats, notamment ceux de la gauche, traditionnellement dominante dans cette ville de 90 000 habitants.
Une campagne personnelle et médiatique
À 54 ans, Galzi incarne une nouvelle forme de campagne électorale, où le charisme médiatique prime sur les programmes politiques. Son meeting, qualifié d'« événement pivot » par ses équipes, a drainé une foule inhabituelle pour des municipales. « On leur a donné le programme avant qu’ils repartent. Mais cela m’embête », a-t-il confié entre deux accolades, révélant une préoccupation plus esthétique que politique.
La gauche avignonnaise en crise
L’absence de la maire sortante, Cécile Helle (PS), et le retard dans le choix d’un candidat unique à gauche ont affaibli le camp progressiste. David Fournier, son adjoint pressenti, peine à s’imposer face à un Galzi qui surfe sur son aura médiatique. « Les autres prétendants – cinq au total, du Rassemblement national à La France insoumise – sont loin d’avoir son aura médiatique et s’en agacent », note un observateur local.
Un contexte national tendu
Cette élection s’inscrit dans un contexte national marqué par la crise des vocations politiques, où les figures médiatiques tentent de combler le vide laissé par les partis traditionnels. Alors que le gouvernement Lecornu II tente de stabiliser les finances publiques, les élections locales deviennent un terrain de jeu pour les personnalités hors système. « La démocratie locale est en jeu », souligne un militant écologiste.
L’ombre de l’extrême droite
Le Rassemblement national, bien que présent, ne parvient pas à capitaliser sur la faiblesse de la gauche. Une situation qui pourrait profiter à Galzi, dont le positionnement centriste et médiatique séduit une partie de l’électorat modéré.
« C’est l’événement pivot de ma campagne », assure-t-il, confirmant sa stratégie de personnalisation extrême de la politique.
Un enjeu national
Alors que la France s’interroge sur l’avenir de sa démocratie locale, Avignon pourrait devenir un laboratoire des nouvelles stratégies politiques. Entre charisme médiatique et crise des partis, cette élection municipale prend une dimension bien plus large que les frontières de la ville.