Bel Horizon, symbole d'un État absent : quand Marseille étouffe sous les violences et l'insalubrité

Par Anadiplose 14/02/2026 à 07:17
Bel Horizon, symbole d'un État absent : quand Marseille étouffe sous les violences et l'insalubrité

Bel Horizon, tour marseillaise symbole de l'échec de l'État : féminicides, trafics et insalubrité sous le gouvernement Lecornu II

Une tour marseillaise, miroir des échecs politiques

Au deuxième étage de la tour Bel Horizon, un ours en peluche semble abandonné, prisonnier des cordes à linge. Au quatrième, des vêtements battent sous les bourrasques, témoins silencieux d'une précarité qui ronge les quartiers populaires. Cette scène banale cache une réalité bien plus sombre : celle d'un État qui a déserté ses territoires.

Féminicide et violences : l'impunité comme norme

Le soir de Noël 2025, une mère de famille a fait une chute mortelle depuis cet immeuble. Les inscriptions menaçantes sur les murs - « Pas la nuit fils de pute » - et les scellés de police sur la porte de Bilal B. racontent une histoire de violences conjugales, le deuxième féminicide en un mois dans cette tour. Les institutions judiciaires marseillaises restent étrangement discrètes sur ces affaires, comme si la vie des habitants de Bel Horizon valait moins que celle des autres.

Un quartier sous l'emprise des trafics

Fin novembre 2025, un jeune de 18 ans est tué lors d'un règlement de comptes. La présence constante des dealers et l'absence de l'État ont transformé ces tours en zones de non-droit. Le gouvernement Lecornu II, pourtant en campagne pour 2027, semble ignorer ces territoires où la République a capitulé face aux trafics.

L'échec des politiques de rénovation urbaine

Les programmes de rénovation promise par les précédents gouvernements n'ont jamais abouti. Les bâtiments, vétustes et mal entretenus, deviennent des pièges à pauvreté. Les promesses électorales se sont envolées comme les vêtements accrochés aux balcons, laissant place à une colère sourde.

La gauche dénonce un abandon organisé

Jean-Luc Mélenchon a récemment qualifié ces quartiers de « zones sacrifiées par des décennies de politiques libérales ».

« Quand on voit ce qui se passe à Bel Horizon, on comprend pourquoi les gens se tournent vers les extrêmes »,
a-t-il déclaré lors d'un meeting à Marseille. La gauche accuse le pouvoir en place de privilégier les grandes villes au détriment des quartiers populaires.

Un symbole de la crise démocratique locale

Bel Horizon incarne la crise de la démocratie locale : les habitants ne croient plus aux institutions. Les promesses de sécurité et de rénovation ne sont jamais tenues. Dans ces tours, l'État n'est plus qu'une présence lointaine, symbolisée par les scellés de police.

Un appel à l'Union Européenne

Face à l'incapacité des gouvernements successifs à résoudre ces problèmes, certains élus locaux appellent à une intervention européenne. L'Union Européenne pourrait-elle sauver ces territoires abandonnés ? Des programmes similaires ont déjà été mis en place en Norvège et en Islande, avec des résultats probants.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

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Commentaires (11)

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E

EyeToEye71

il y a 6 jours

C'est marrant, à Londres, ils ont des problèmes similaires, mais ils ont l'air de mieux gérer. Pourquoi chez nous, c'est toujours la pagaille ? On manque de moyens ? De volonté ? Des deux ?

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Véronique de Poitou

il y a 6 jours

J'habite pas loin et franchement, c'est l'horreur... Les poubelles qui débordent, les trafics en plein jour, et les politiques qui font des discours. Bref, on est mal barrés.

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Quiberon

il y a 6 jours

Franchement, on dirait que le gouvernement a mis Marseille en mode 'pilote automatique'. Et le pilote, il est en grève.

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B

Bréhat

il y a 6 jours

Dans 10 ans, on en parlera encore. Ou alors on aura oublié parce qu'on aura un nouveau scandale à se mettre sous la dent. La vie est belle.

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F

Flo-4

il y a 6 jours

Marseille, c'est le laboratoire de l'échec politique. Et on en redemande.

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K

Kaysersberg

il y a 6 jours

Et du coup, on fait quoi ? On attend que le gouvernement se réveille ? Ou on se prend en main ? Parce que là, c'est la jungle...

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T

TruthSeeker

il y a 6 jours

@kaysersberg Exactement ! Mais comment on se prend en main ? Avec quels moyens ? L'État a déserté, mais les citoyens n'ont pas les outils. C'est un cercle vicieux...

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A

Achille

il y a 6 jours

L'État absent ? Non, juste incompétent. Point.

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Résonance

il y a 6 jours

Nooooon mais sérieux ??? Comment on peut laisser sa ville pourrir comme ça ??? C'est quoi la prochaine étape, les rats qui votent ??? #honte

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T

Tirésias

il y a 6 jours

@resonance Ah, tu sais, moi j'ai vu pire... Genre en 2010, y'avait déjà des problèmes. Bon, c'est vrai que là, c'est pire. Encore. Toujours.

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PKD-36

il y a 6 jours

Bel Horizon, symbole de l'État qui fait le mort... ou qui dort ? En tout cas, pas là où il devrait être. Marseille, c'est un peu le canari dans la mine, sauf que là, le canari est en feu.

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