Une tour marseillaise, miroir des échecs politiques
Au deuxième étage de la tour Bel Horizon, un ours en peluche semble abandonné, prisonnier des cordes à linge. Au quatrième, des vêtements battent sous les bourrasques, témoins silencieux d'une précarité qui ronge les quartiers populaires. Cette scène banale cache une réalité bien plus sombre : celle d'un État qui a déserté ses territoires.
Féminicide et violences : l'impunité comme norme
Le soir de Noël 2025, une mère de famille a fait une chute mortelle depuis cet immeuble. Les inscriptions menaçantes sur les murs - « Pas la nuit fils de pute » - et les scellés de police sur la porte de Bilal B. racontent une histoire de violences conjugales, le deuxième féminicide en un mois dans cette tour. Les institutions judiciaires marseillaises restent étrangement discrètes sur ces affaires, comme si la vie des habitants de Bel Horizon valait moins que celle des autres.
Un quartier sous l'emprise des trafics
Fin novembre 2025, un jeune de 18 ans est tué lors d'un règlement de comptes. La présence constante des dealers et l'absence de l'État ont transformé ces tours en zones de non-droit. Le gouvernement Lecornu II, pourtant en campagne pour 2027, semble ignorer ces territoires où la République a capitulé face aux trafics.
L'échec des politiques de rénovation urbaine
Les programmes de rénovation promise par les précédents gouvernements n'ont jamais abouti. Les bâtiments, vétustes et mal entretenus, deviennent des pièges à pauvreté. Les promesses électorales se sont envolées comme les vêtements accrochés aux balcons, laissant place à une colère sourde.
La gauche dénonce un abandon organisé
Jean-Luc Mélenchon a récemment qualifié ces quartiers de « zones sacrifiées par des décennies de politiques libérales ».
« Quand on voit ce qui se passe à Bel Horizon, on comprend pourquoi les gens se tournent vers les extrêmes »,a-t-il déclaré lors d'un meeting à Marseille. La gauche accuse le pouvoir en place de privilégier les grandes villes au détriment des quartiers populaires.
Un symbole de la crise démocratique locale
Bel Horizon incarne la crise de la démocratie locale : les habitants ne croient plus aux institutions. Les promesses de sécurité et de rénovation ne sont jamais tenues. Dans ces tours, l'État n'est plus qu'une présence lointaine, symbolisée par les scellés de police.
Un appel à l'Union Européenne
Face à l'incapacité des gouvernements successifs à résoudre ces problèmes, certains élus locaux appellent à une intervention européenne. L'Union Européenne pourrait-elle sauver ces territoires abandonnés ? Des programmes similaires ont déjà été mis en place en Norvège et en Islande, avec des résultats probants.