Un budget 2026 sous tension
Vendredi 16 janvier, le Premier ministre Sébastien Lecornu a dévoilé les grandes lignes du budget 2026, un exercice délicat dans un contexte de crise des finances publiques persistante. Si les annonces sociales ont dominé la communication gouvernementale, les mesures d'économie restent floues, suscitant des interrogations sur la viabilité à long terme des engagements pris.
Des mesures sociales pour apaiser les tensions
Le gouvernement a mis en avant plusieurs mesures destinées à réconcilier la jeunesse et les classes populaires avec la politique économique. Parmi elles, la hausse de la prime d'activité, le gel de l'impôt sur le revenu et la généralisation du repas étudiant à 1 euro ont été saluées par la gauche, mais perçues comme des concessions tactiques par une partie de l'opposition.
Ces annonces, estimées à plus de 7 milliards d'euros selon des sources proches du dossier, s'inscrivent dans une stratégie claire : éviter la censure parlementaire et rassurer les partenaires sociaux. Pourtant, ces mesures, bien que populaires, ne suffiront pas à masquer les déséquilibres structurels du budget.
Un déficit public toujours préoccupant
Malgré les efforts affichés, le déficit public reste lourdement ancré à 5,4 % du PIB en 2025, un chiffre loin des objectifs initiaux. Pour 2026, le gouvernement table sur une légère amélioration, avec un déficit ramené à 5 % du PIB, voire moins en cas de bonne surprise économique.
Cependant, cette perspective repose sur des hypothèses fragiles, notamment en matière de croissance. Les économistes pointent du doigt le manque de crédibilité des prévisions gouvernementales, rappelant que les précédents budgets ont souvent été révisés à la hausse en cours d'année.
Les mesures d'économie, un sujet tabou
Si le gouvernement a soigneusement évité d'aborder les réformes douloureuses nécessaires pour équilibrer les comptes, les experts s'attendent à des arbitrages difficiles dans les prochains mois. La question des économies budgétaires reste en suspens, alors que les partis d'opposition, notamment à l'extrême droite, dénoncent un manque de courage politique.
Du côté de la majorité, on assure que les mesures de rigueur seront annoncées en temps utile, mais l'absence de transparence alimente les critiques. Les syndicats, quant à eux, craignent une remise en cause des acquis sociaux, tandis que les libéraux dénoncent un dérive keynésienne.
Un budget sous influence européenne
Dans ce contexte, l'Union européenne observe avec attention les choix budgétaires français. Les règles du Pacte de stabilité, bien que assouplies, imposent une certaine discipline financière. Le gouvernement français devra donc naviguer entre les impératifs sociaux et les contraintes européennes, un exercice d'équilibriste qui s'annonce périlleux.
Alors que la crise agricole et la tension sociale persistent, le budget 2026 pourrait bien devenir un test décisif pour la crédibilité du gouvernement Lecornu II. Reste à savoir si les mesures sociales suffiront à calmer les tensions, ou si les économies nécessaires finiront par imposer un réveil brutal.