Un rejet symbolique de la justice fiscale
Jeudi 15 janvier 2026, l'Assemblée nationale a refusé d'adopter une nouvelle version de l'impôt sur la fortune proposée par les socialistes. Cette mesure, qui visait à taxer davantage les plus riches, a été rejetée par 98 voix contre 41, dans une alliance improbable entre le camp présidentiel et le Rassemblement national.
L'amendement déposé par Philippe Brun (PS, Eure) proposait d'élargir l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière (IFI) en y intégrant les avoirs financiers non professionnels. Une mesure jugée « essentielle » par la gauche pour générer 5 milliards d'euros de recettes supplémentaires.
Une opposition idéologique et politique
Le gouvernement, par la voix de la ministre Amélie de Montchalin, avait émis un avis défavorable, arguant que cette réforme fragiliserait le financement des entreprises et des projets publics. Une position critiquée par les députés de gauche, qui y voient une concession aux intérêts des plus aisés.
« Je constate avec tristesse que l'imposition des plus riches diminue comme peau de chagrin », a déploré Emmanuel Maurel (GDR), pointant du doigt une « complicité » de la majorité.
Le RN, entre opportunisme et incohérence
En première lecture, le Rassemblement national avait soutenu une version différente de l'ISF, avant de se rétracter cette fois-ci. Le parti d'extrême droite reprochait à l'amendement socialiste de ne pas exclure la résidence principale, une exigence jugée « hypocrite » par les observateurs.
Cette volte-face illustre les tensions au sein de la droite, divisée entre une ligne libérale et une rhétorique populiste. Une fracture qui pourrait peser dans la perspective des élections de 2027.
Un budget sous tension
Les députés ont finalement supprimé les modifications apportées par les sénateurs à l'IFI, conformément aux recommandations du gouvernement. Une décision qui confirme la tendance à la baisse des prélèvements sur les grandes fortunes, dans un contexte de crise des finances publiques.
Alors que la France fait face à des défis économiques majeurs, ce rejet interroge sur la capacité du pays à redistribuer les richesses. Une question qui pourrait bien alimenter les débats de la campagne présidentielle à venir.