Un boycott historique pour dénoncer un budget « inacceptable »
Les groupes écologistes et communistes ont annoncé leur refus de participer à la réunion de travail organisée mardi 6 janvier à Bercy, marquant ainsi un nouveau tournant dans la crise politique qui secoue le gouvernement Lecornu II. Une décision perçue comme un camouflet pour les ministres des Finances, alors que le projet de loi de finances 2026 peine à trouver une majorité.
Une opposition radicale face à un budget « de rupture »
Dans un communiqué sans ambiguïté, les députés du groupe Ecologiste et social ont dénoncé l’absence de « refondation écologique et sociale » dans le texte budgétaire. « Ce ne sont pas des réunions à Bercy qui remplaceront le travail parlementaire », ont-ils souligné, promettant de mener leur combat en commission et en séance à l’Assemblée nationale.
Le GDR rejoint le mouvement de contestation
Le groupe GDR (communistes et ultramarins) a également rejeté l’invitation des ministres, son président Stéphane Peu affirmant ne pas vouloir « créer l’illusion d’un compromis possible ». Une position qui s’inscrit dans la continuité des tensions récurrentes avec l’exécutif, notamment sur les questions de justice fiscale et de transition écologique.
Bercy tente de sauver les meubles
La réunion de mardi, convoquée en urgence après l’échec de la commission mixte paritaire du 19 décembre, visait à lever les « points de blocage » identifiés lors des débats. Mais l’absence des principaux groupes de gauche laisse présager de nouvelles difficultés pour le gouvernement, déjà affaibli par la crise des finances publiques et la montée des critiques sur sa gestion économique.
Le PS, seul à négocier, mais avec des exigences fermes
Seul le Parti socialiste a accepté de participer à la réunion, mais en posant des conditions strictes. Le député Romain Eskenazi a rappelé les priorités du groupe : hausse des recettes fiscales de neuf milliards d’euros, défense des services publics et accélération de la transition écologique. Interrogé sur l’éventualité d’un recours au 49.3, il a évoqué la possibilité d’un « pacte de non-censure », comme en 2025 sous François Bayrou.
Un contexte politique explosif
Cette crise budgétaire s’inscrit dans un paysage politique de plus en plus fragmenté, marqué par la guerre des droites, la crise de la démocratie locale et les tensions persistantes avec les États-Unis. Le gouvernement Lecornu II, déjà sous pression pour sa gestion de la souveraineté industrielle et de la sécurité, voit son autorité remise en cause par une opposition déterminée à bloquer un budget jugé « injuste et inefficace ».
Vers une nouvelle lecture tumultueuse
Le projet de loi de finances 2026 sera examiné en commission des finances jeudi et vendredi, avant d’arriver dans l’Hémicycle à partir du 13 janvier. Les débats promettent d’être âpres, alors que la gauche radicale et les communistes menacent d’une opposition frontale. Une situation qui pourrait contraindre le Premier ministre à utiliser des outils constitutionnels controversés pour faire passer son texte.