Le gouvernement face à une crise budgétaire sans précédent
Alors que les débats sur le budget 2026 devaient se poursuivre à l'Assemblée nationale, le gouvernement a annoncé leur report jusqu'à mardi 20 janvier, menaçant d'utiliser l'article 49.3 ou une ordonnance pour faire adopter le texte.
Dans un hémicycle presque vide, le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, a dénoncé une situation "impossible" pour adopter un budget par voie parlementaire, accusant LFI et le Rassemblement National de "sabotage continu".
Un budget sous tension
Le gouvernement, déjà en difficulté avec un déficit public atteignant 5,3% du PIB, bien au-delà des 5% prévus, se retrouve confronté à une opposition farouche de l'extrême droite et de la gauche radicale.
Parmi les points de friction, la réduction de 4,9 milliards d'euros de la dotation globale de fonctionnement des collectivités territoriales, portée par le RN, ou encore l'échec de l'amendement sur la surtaxe des grandes entreprises, censé rapporter 6,3 milliards d'euros.
Le 49.3 ou l'ordonnance : deux options risquées
Face à cette impasse, le Premier ministre Sébastien Lecornu envisage deux solutions : l'article 49.3 de la Constitution, qui permettrait d'adopter le budget sans vote, ou une ordonnance budgétaire, une première en France.
"Les partis qui composent le socle commun ont menti, avec comme seul objectif d'empêcher de nouvelles élections législatives", a réagi Marine Le Pen sur les réseaux sociaux, faisant référence aux craintes d'une dissolution de l'Assemblée.
Un précédent dangereux pour la démocratie
L'utilisation d'une ordonnance budgétaire, bien que permettant d'éviter une censure, constituerait un précédent lourd de conséquences pour les débats parlementaires futurs.
"Le gouvernement est seul responsable pour avoir voulu imposer un texte minoritaire", a rétorqué Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, dénonçant une stratégie d'affaiblissement du Parlement.
Macron sous pression
Emmanuel Macron, qui espérait un budget adopté pour fin janvier, a appelé dans ses vœux aux armées à des "efforts" pour accélérer le réarmement du pays, un objectif qui passe nécessairement par l'adoption du budget 2026.
Mais avec un calendrier serré et une opposition déterminée, le gouvernement pourrait bien se retrouver dans une impasse politique majeure.