Un budget sous haute surveillance constitutionnelle
Alors que le projet de loi de finances pour 2026 doit être adopté sans vote ce lundi 2 février, le Premier ministre Sébastien Lecornu a décidé de saisir le Conseil constitutionnel. Une démarche inhabituelle qui révèle les tensions autour d'un texte amendé à de nombreuses reprises par les parlementaires.
Un budget marqué par les compromis
Le gouvernement assume un texte qui contient les dépenses publiques sans augmenter les impôts, mais cette ligne directrice a été fortement modifiée par les amendements parlementaires. « Le texte n'est plus celui du gouvernement, mais le résultat d'un processus législatif complexe », explique-t-on dans l'entourage de Matignon.
Risque de censure constitutionnelle
En saisissant les Sages, Lecornu prend le risque de voir certaines mesures censurées. Cette démarche s'explique par la crainte de formulations juridiquement fragiles issues des compromis politiques. Le gouvernement espère toutefois obtenir une version définitive d'ici trois semaines, avant la période de réserve des élections municipales.
Un contexte politique tendu
Cette procédure intervient dans un climat marqué par la crise des vocations politiques et les divisions au sein de la majorité. Le mini-remaniement annoncé pourrait notamment officialiser le départ de Rachida Dati, qui se consacre à sa campagne parisienne.
« Cette saisine montre à quel point le gouvernement doit composer avec un Parlement fragmenté », analyse un observateur politique.
Les enjeux économiques et sociaux
Au-delà des questions juridiques, ce budget s'inscrit dans un contexte de crise des finances publiques persistante. Les choix budgétaires du gouvernement sont scrutés à la loupe, alors que l'opposition dénonce un texte « trop timide face aux inégalités ». La gauche plaide pour des mesures plus ambitieuses en faveur des ménages et des services publics.