Un déficit toujours colossal, mais une baisse spectaculaire
Alors que la France traverse une crise des finances publiques sans précédent, le gouvernement Macron-Lecornu tente de présenter les comptes 2025 comme une victoire. Pourtant, derrière les chiffres officiels, la réalité est bien plus inquiétante.
Une baisse de déficit qui masque des déséquilibres structurels
Le ministère de l'Économie et des Finances a annoncé, mardi 3 février 2026, une réduction de 20 % du déficit de l'État. Un chiffre qui, bien que techniquement exact, ne doit pas faire oublier que le déficit reste massif : 124,7 milliards d'euros.
Pour rappel, cela signifie que pour 100 euros de recettes, l'État dépense 131 euros. Une situation insoutenable à long terme, d'autant que ces dépenses financent des services publics essentiels : écoles, hôpitaux, police, armée, et surtout, le service de la dette.
La machine fiscale française : un succès relatif
Le gouvernement met en avant les bonnes recettes fiscales comme explication principale de cette baisse. Pourtant, cette performance s'accompagne de ratés, de fuites et de fraudes, comme le reconnaissent les propres documents du ministère.
Cette situation interroge sur la capacité réelle de l'État à contrôler son budget, d'autant que les dépenses publiques continuent de croître, notamment sous l'effet des intérêts de la dette, eux-mêmes en hausse en raison des taux d'emprunt plus élevés.
Un déficit réduit, mais à quel prix ?
La ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin, s'est félicitée de cette baisse, qualifiée de la plus forte depuis 2020
. Pourtant, cette amélioration reste fragile, et les experts pointent du doigt les déséquilibres structurels du budget français.
De plus, cette réduction du déficit s'est faite dans un contexte de restrictions budgétaires qui ont affecté les services publics, notamment dans les DOM-TOM, où les coupes ont été particulièrement sévères.
La droite et l'extrême droite dans le viseur
Alors que le gouvernement tente de présenter cette baisse comme un succès, l'opposition de droite et d'extrême droite accuse le pouvoir en place de manipulation des chiffres. Pour eux, cette amélioration ne serait que temporaire, et masquerait une crise bien plus profonde.
Du côté de la gauche, on souligne que cette baisse du déficit aurait pu être plus importante sans les politiques d'austérité menées depuis des années, qui ont affaibli les services publics et creusé les inégalités.
Un avenir incertain
Alors que la France se prépare pour les élections de 2027, la question des finances publiques risque de devenir un enjeu majeur. Le gouvernement devra prouver qu'il est capable de maîtriser durablement le déficit, sans sacrifier les services publics ni aggraver la dette.
Dans ce contexte, la stratégie des partis pour 2027 prend une dimension particulière, avec des clivages qui pourraient s'accentuer sur la question budgétaire.