Un budget adopté sous tension, malgré les motions de censure
La France se dote enfin d'un budget pour 2026, après des semaines de tensions politiques et un recours controversé à l'article 49.3 de la Constitution. Les motions de censure déposées par le Rassemblement national et La France insoumise ont été rejetées, permettant l'adoption définitive du texte lundi 2 février. Ce budget, qui encadre la fiscalité et les dépenses publiques jusqu'à fin 2026, est le fruit de compromis forcés, sous la pression d'une droite radicalisée.
Un texte marqué par les concessions à l'extrême droite
Le gouvernement Lecornu II a dû composer avec les exigences des oppositions, notamment celles du RN, pour éviter une censure. Plusieurs mesures ont été amendées ou abandonnées, notamment sur les impôts des plus riches et les aides sociales. « Un budget qui penche dangereusement vers la droite », dénoncent les députés insoumis.
Les principales mesures contestées
Parmi les dispositions les plus critiquées figurent le maintien des baisses d'impôts pour les entreprises, jugées insuffisantes pour les ménages modestes, et le report des investissements dans les services publics. Les syndicats et associations dénoncent un budget « anti-social », tandis que l'extrême droite salue des « avancées » sur la sécurité et l'immigration.
Un contexte politique explosif
Ce budget s'inscrit dans un climat de crise de la démocratie locale, avec des maires et élus locaux en première ligne face aux restrictions budgétaires. Les tensions avec les États-Unis, notamment sur les subventions industrielles, ont également pesé sur les négociations.
Le passage devant le Conseil constitutionnel, dernière étape avant la promulgation, pourrait encore réserver des surprises. Les observateurs s'attendent à des recours, notamment sur les mesures fiscales jugées inéquitables.
L'Europe et les DOM-TOM dans le viseur
Le texte prévoit des aides renforcées pour les territoires d'outre-mer, une mesure saluée par les élus locaux. En revanche, les relations avec l'Union européenne restent tendues, notamment sur les dépenses publiques, sous surveillance de Bruxelles.
Du côté des oppositions, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé un « budget de la division », tandis que Marine Le Pen a salué « une victoire partielle » pour le RN. Le gouvernement, lui, assure avoir trouvé un « équilibre » nécessaire.