Budget de l'audiovisuel public : Macron étrangle France Télévisions dans un contexte de crise financière

Par Aurélie Lefebvre 27/01/2026 à 19:05
Budget de l'audiovisuel public : Macron étrangle France Télévisions dans un contexte de crise financière

Macron impose une baisse de 86 millions d'euros à l'audiovisuel public en 2026, malgré les protestations du ministère de la Culture.

Un coup dur pour l'audiovisuel public

Le gouvernement d'Emmanuel Macron vient d'asséner un nouveau coup à l'audiovisuel public, dans un contexte de crise des finances publiques qui semble servir de prétexte à des choix politiques contestés. France Télévisions, Radio France et l'INA subiront une baisse de 86 millions d'euros en 2026, alors que France Médias Monde, Arte et TV5 Monde sont épargnés. Une mesure qui interroge sur les priorités du pouvoir en place.

Un amendement contesté sous 49.3

Le premier ministre Sébastien Lecornu a dû recourir à deux reprises à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer ces mesures. D'abord le 20 janvier, puis à nouveau mardi 27 janvier, pour un amendement visant à réduire de 15 millions d'euros les efforts initialement demandés. Une manœuvre qui a suscité l'ire du ministère de la Culture, contraint de monter au créneau pour limiter les dégâts.

"Ce déséquilibre entre recettes et dépenses sera transitoire", assure le gouvernement. Une promesse qui sonne comme un aveu de précipitation.

La fin de la redevance, un choix idéologique coûteux

La suppression de la redevance audiovisuelle en 2022, une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, se révèle aujourd'hui particulièrement coûteuse. Le dispositif de financement actuel, basé sur la TVA, montre ses limites. Le ministère de la Culture a dû intervenir en urgence pour éviter une coupe budgétaire encore plus sévère. La dotation initiale de 30 millions d'euros en moins a été ramenée à 15 millions grâce à cette intervention.

Un budget en berne malgré les promesses

Le budget total de l'audiovisuel public pour 2026 s'élève désormais à 3,9 milliards d'euros. Une somme qui, dans un contexte de crise des finances publiques, pourrait être présentée comme un effort de rigueur. Pourtant, les observateurs y voient plutôt une stratégie de désengagement progressif de l'État, au profit d'un audiovisuel plus commercial et moins indépendant.

Cette décision intervient alors que les médias publics jouent un rôle crucial dans la crise de la démocratie locale, en assurant une information pluraliste dans des territoires souvent délaissés par les grands groupes privés. Un choix qui, selon les oppositions, affaiblit la démocratie au moment où elle en a le plus besoin.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (4)

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Eva13

il y a 15 heures

Cette mesure s'inscrit dans une logique de réduction des dépenses publiques depuis les années 80. Pourtant, l'audiovisuel public a toujours été un outil de cohésion nationale. Pourquoi le gouvernement persiste à le fragiliser ? Est-ce vraiment une priorité face à l'urgence climatique ou sociale ?

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Etchecopar

il y a 17 heures

Nooooon sérieux ??? 86 millions en moins ??? Mais pk ils veulent tuer la culture ??? France Télévisions c'est pas que des infos de merde, y'a des trucs bien quand même...

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Postulat

il y a 18 heures

Macron et sa politique de l'austérité sélective... France Télévisions va devoir se serrer la ceinture, mais les cadeaux fiscaux aux copains du CAC40, eux, sont tjrs là. Comme d'hab.

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Ben_440

il y a 16 heures

@postulat Exactement. En Allemagne, l'audiovisuel public est financé par une taxe dédiée, ce qui évite ces arbitrages politiques. La France devrait s'inspirer de modèles plus stables. Bref, la culture n'est pas un poste de dépense, c'est un investissement.

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