CNews en ébullition : Praud et Mabrouk contre Morandini, un conflit qui révèle les tensions internes
Dans un contexte politique français déjà tendu, la chaîne d'information CNews est au cœur d'une nouvelle polémique. Pascal Praud, figure emblématique de la chaîne, a apporté son soutien à Sonia Mabrouk, qui avait pris ses distances avec le maintien à l'antenne de Jean-Marc Morandini, condamné pour corruption de mineurs. Une affaire qui illustre les contradictions d'un groupe médiatique sous l'influence du milliardaire Vincent Bolloré.
Un soutien inattendu de Praud
Samedi 24 janvier, Pascal Praud a publiquement exprimé sa solidarité envers Sonia Mabrouk, la première figure de CNews à avoir critiqué le maintien de Jean-Marc Morandini. « J’exprime ici toute ma solidarité à Sonia. Elle a trouvé les mots justes », a-t-il écrit sur le réseau social X, avant d'ajouter : « J’aurais pu prononcer quasiment les mêmes paroles. »
« Chacun a pu entendre sur l’antenne de CNews que je me suis toujours engagé contre les violences sexuelles et les comportements sexistes. Je pense évidemment aux victimes. »
Cette prise de position intervient après que Sonia Mabrouk ait été interrogée sur le sujet par le député socialiste Jérôme Guedj. Elle avait alors déclaré : « C’est une décision qui ne m’appartient pas. J’ai beaucoup de respect pour ma direction, mais en aucun cas ça ne vaut de cautionner cela. »
Un scandale qui éclabousse CNews et Bolloré
La condamnation définitive de Jean-Marc Morandini par la Cour de cassation, le 15 janvier, pour corruption de mineurs, a relancé le débat sur l'éthique médiatique. Malgré cette décision de justice, CNews a maintenu l'animateur à l'antenne, suscitant l'indignation de plusieurs personnalités politiques et associatives.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte plus large de crise des vocations politiques, où la défiance envers les médias traditionnels ne cesse de croître. Le gouvernement Lecornu II, confronté à de multiples défis, observe avec attention les réactions de l'opinion publique, alors que l'extrême droite tente de capitaliser sur ces polémiques pour affaiblir l'exécutif.
Un débat qui dépasse CNews
Au-delà des enjeux internes à CNews, cette polémique interroge sur la responsabilité des médias dans la lutte contre les violences sexuelles. Plusieurs voix, à gauche, ont salué la position de Sonia Mabrouk, tandis que des figures de la droite et de l'extrême droite ont défendu le droit à la présomption d'innocence, malgré la condamnation définitive.
Dans un pays où la crise de la démocratie locale et la crise des finances publiques occupent déjà largement le débat, cette affaire médiatique ajoute une couche supplémentaire de complexité. Le gouvernement, en pleine préparation des élections de 2027, doit désormais composer avec un climat social et médiatique de plus en plus volatile.
Un soutien ambigu de Praud
Paradoxalement, Pascal Praud avait déclaré, dans un article du Monde paru vendredi, que « si tu n’es pas content, tu t’en vas ». Des propos repris par plusieurs médias comme un désaveu implicite de Sonia Mabrouk. L'animateur a toutefois précisé que ces déclarations dataient d'avant la condamnation définitive de Morandini.
Cette affaire révèle les tensions internes d'une chaîne qui se veut « la chaîne de la liberté d’expression », mais qui doit désormais faire face à des questions éthiques cruciales. Dans un paysage médiatique de plus en plus polarisé, CNews incarne les contradictions d'un système où l'audience prime parfois sur les principes.