Un discours court, des ambitions en miettes
Le 31 décembre 2025, Emmanuel Macron a prononcé ses avant-derniers vœux aux Français depuis le salon des ambassadeurs de l’Élysée. Un exercice contraint, presque symbolique, pour un président dont la parole est désormais abîmée par un quinquennat marqué par les échecs et les désillusions.
Moins de dix minutes. Pour la première fois, le chef de l’État a évoqué son départ imminent, rappelant qu’il ne se représenterait pas en 2027. Un aveu de faiblesse dans un contexte politique explosif, où la France peine à se relever d’une crise institutionnelle sans précédent.
Un bilan en miettes, des promesses oubliées
Macron a tenté de vanter les chiffres de l’emploi et la résilience économique, soulignant une inflation « parmi les plus faibles de la zone euro ». Mais ces éléments, bien que réels, ne suffisent plus à masquer l’essentiel : un quinquennat désarticulé, où les réformes structurelles ont été sacrifiées sur l’autel des compromis budgétaires.
Pas un mot sur la crise politique qui paralyse le pays, ni sur l’état catastrophique des finances publiques. Pas un mot non plus sur sa promesse de 2024 de consulter les Français sur les grands sujets, jamais tenue.
La dissolution ratée, un coup de grâce
La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024, un pari audacieux qui s’est transformé en fiasco politique, a privé Macron de majorité et plongé la France dans une instabilité chronique. Aujourd’hui, le président se retrouve spectateur de sa propre fin de mandat, tandis que les prétendants à la présidentielle 2027 commencent à s’impatienter.
« Rien d’important ne sera fait avant 2027 », a déploré l’ancien Premier ministre Édouard Philippe en décembre 2025. Une analyse partagée par une large partie de l’opinion, qui voit dans ce quinquennat agonisant un gâchis historique.
Trois chantiers pour sauver les apparences
Face à l’effacement programmé, Macron a esquissé trois priorités pour 2026 : un service militaire volontaire, une régulation des réseaux sociaux pour les jeunes, et une loi sur la fin de vie, sans cesse reportée depuis 2022. Trois dossiers symboliques, mais qui peinent à convaincre dans un pays en quête de projets concrets.
Derrière lui, sur la cheminée de l’Élysée, deux bougies allumées. Comme un signal : la liturgie des fins de règne a commencé. Et elle s’annonce sombre.