Darmanin en guerre contre les narcotrafiquants : une réforme judiciaire en préparation

Par Aurélie Lefebvre 23/11/2025 à 18:10
Darmanin en guerre contre les narcotrafiquants : une réforme judiciaire en préparation

Gérald Darmanin veut réformer les règles d’application des peines pour les narcotrafiquants après un scandale de permission de sortie.

Un détenu dangereux en permission : l’indignation des syndicats pénitentiaires

La décision d’accorder une permission de sortie à un détenu du quartier de haute sécurité de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) a provoqué une vague d’indignation parmi les syndicats pénitentiaires. Ce détenu, incarcéré pour trafic de stupéfiants, a bénéficié d’une autorisation de sortie « travail » malgré l’opposition du procureur de la République et du chef d’établissement. Une source judiciaire a confirmé que la chambre d’application des peines avait maintenu cette décision, suscitant des critiques virulentes.

Gérald Darmanin exige une refonte du système

Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a dénoncé un « cadre législatif obsolète » face à la montée en puissance de la criminalité organisée. Il a souligné la nécessité d’adapter les règles d’application des peines pour répondre aux défis posés par des profils « particulièrement structurés et dangereux ».

« Ces profils exigent des outils juridiques différents et une vigilance toute particulière. »

Le ministre a rappelé que la loi sur le narcotrafic, promulguée en juin, avait déjà introduit des mesures répressives et la création de quartiers de haute sécurité. Cependant, il a estimé qu’une réforme plus profonde était nécessaire, notamment l’instauration d’un droit spécifique et d’un juge d’application spécialisé, sur le modèle des dispositions existantes pour les crimes terroristes.

Une réforme annoncée pour 2024

Gérald Darmanin a annoncé qu’il présenterait un projet de loi en début d’année prochaine pour « moderniser et consolider les règles encadrant l’exécution des peines ». Cette initiative s’inscrit dans un contexte de crise de la sécurité en France, où les critiques contre l’insuffisance des moyens policiers et judiciaires se multiplient.

La gauche, quant à elle, dénonce une instrumentalisation politique de la sécurité. Des voix s’élèvent pour rappeler que les permissions de sortie sont encadrées par des juges indépendants, et que toute réforme doit éviter de porter atteinte aux principes fondamentaux de l’État de droit.

Un enjeu européen et international

La lutte contre le narcotrafic dépasse les frontières hexagonales. L’Union européenne, dont la France est un membre actif, a renforcé sa coopération avec des partenaires comme le Canada et le Japon pour démanteler les réseaux criminels transnationaux. Cependant, des pays comme la Russie et la Chine, souvent accusés de fermer les yeux sur ces trafics, restent des défis majeurs pour la communauté internationale.

En France, la question des peines alternatives et de la réinsertion des détenus reste un sujet clivant. Alors que le gouvernement Lecornu II mise sur une approche répressive, l’opposition plaide pour un équilibre entre sécurité et justice sociale.

À propos de l'auteur

Aurélie Lefebvre

Lassée de ne pas avoirs d'informations fiables sur la politique française, j'ai décidé de créer avec Mathieu politique-france.info ! Je m'y consacre désormais à plein temps, pour vous narrer les grands faits politique du pays et d'ailleurs. Je lis aussi avec plaisir les articles de politique locale que VOUS écrivez :)

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Commentaires (14)

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A

Anamnèse

il y a 1 mois

On tourne en rond : répression vs prévention. Pourquoi pas les deux ? Mais ça demanderait un vrai débat politique, pas des mesures à l'emporte-pièce.

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Z

Zen_187

il y a 1 mois

Un peu de nuance : oui aux peines plus lourdes, mais il faut aussi des alternatives pour les petits dealers qui sont souvent des victimes du système.

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T

Thomas65

il y a 1 mois

@zen-187 Les 'petits dealers' ? Tu veux dire ceux qui font vivre des quartiers entiers dans la terreur ?

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G

GrayMatter

il y a 1 mois

En Outre-mer, on a besoin de moyens pour les polices locales, pas de lois qui font du bruit mais rien de concret.

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Q

Quiberon

il y a 1 mois

La vraie question : pourquoi on ne s'attaque pas aux gros bonnets du trafic ? Parce que ça dérange les puissants, peut-être ?

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E

EdgeWalker3

il y a 1 mois

Selon l'INSEE, 70% des trafiquants récidivent après leur libération. Une réforme des peines est effectivement nécessaire, mais il faut aussi plus de moyens pour les juges.

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B

Bourdon Velu

il y a 1 mois

Enfin une mesure sérieuse ! Quand on voit les permis de sortie accordés à des trafiquants, c'est la honte. Il faut des peines planchers !

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É

Éditorialiste anonyme

il y a 1 mois

@bourdon-velu Les peines planchers ça marche pas, regarde les USA. Ça remplit les prisons sans régler le problème.

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T

tregastel

il y a 1 mois

Darmanin contre les dealers... pendant que les banques blanchissent des milliards. La priorité est claire, non ?

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N

NightReader93

il y a 1 mois

La vraie réforme serait d'investir dans l'éducation et les services publics. Mais ça coûte cher, et ça fait moins de buzz qu'une loi répressive.

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D

dissident-courtois

il y a 1 mois

Moi je dis : si on veut vraiment lutter contre le trafic, faut commencer par s'attaquer aux causes sociales. Mais bon, c'est pas sexy en campagne électorale...

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A

Avocat du diable 2023

il y a 1 mois

Typique de la droite : réprimer au lieu de prévenir. Et après on s'étonne que les quartiers explosent...

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G

Gavroche

il y a 1 mois

@avocat-du-diable-2023 Franchement, t'as une solution miracle toi ? Parce que moi je vois pas comment on peut laisser les dealers faire la loi dans les cités.

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C

Cigogne Sage

il y a 1 mois

Darmanin qui veut durcir les peines... mais il a oublié de régler le problème des prisons surchargées ? LOL

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